Ponctuel, vêtu tout en rouge, l’allure sportive, le sourire aux lèvres et visiblement ému, c’est ainsi qu’est apparu Robbie Williams hier à Casablanca pour son tout premier concert en Afrique du Nord. La star britannique, véritable bête de scène légendaire, avait un objectif clair et l’a magistralement atteint. Dès 23 heures tapantes, pile à l’heure programmée pour cette soirée d’ouverture de la 19ème édition du festival, il a emporté la foule dans son sillage. Du haut de ses 52 ans et fort de 37 ans de carrière, l’artiste a prouvé qu’il n’avait rien perdu de son magnétisme.
Si le public, venu en masse et composé majoritairement de spectateurs de sa génération, a parfois peiné à reprendre en chœur les paroles de certains titres, il a pu compter sur la générosité et l’autodérision de la star. Multipliant les piques affectueuses, Robbie Williams s’est amusé à taquiner une foule encore un peu réservée. Il a alors feint de se présenter comme si personne ne le connaissait, déclarant avec humour: «Je m’appelle Robbie Williams, j’ai 52 ans et j’ai fondé le groupe Take That.»
Malgré plusieurs tentatives infructueuses de faire chanter la foule, le chanteur n’a pas baissé les bras. En réalité, s’il donnait l’impression de tester le public marocain, l’interprète maîtrisait parfaitement son jeu car cette dynamique faisait partie intégrante de sa prestation, l’interaction brute et spontanée étant au cœur du spectacle.
Le roi de la pop britannique moderne, actuellement en tournée internationale pour promouvoir son dernier album Britpop, arrivait tout juste d’Espagne où il se produisait le 30 juin à la Plaza de España. À Casablanca, Robbie Williams a retrouvé la même proximité avec son public que lors de son concert madrilène. Il s’est livré sans détour, évoquant ses quatre enfants, son épouse, mais aussi son père atteint de la maladie de Parkinson.
Dès les premières minutes, le courant est passé. L’artiste a immédiatement conquis les cœurs en saluant le parcours historique de l’équipe marocaine de football en Coupe du monde, avant de lancer un vibrant «Dima Maghrib». Venu à Jazzablanca pour tester sa popularité et voir si le public marocain connaissait ses classiques, la réponse a fusé d’elle-même. La magie a opéré, d’autant plus qu’un moment inattendu a marqué la soirée lorsque la star a salué sur grand écran son ami John, rencontré au Maroc dans les années 1990.
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Très vite, les milliers de spectateurs ont fini par vibrer à l’unisson, reprenant en chœur les refrains de tubes planétaires tels que Let Me Entertain You, Rock DJ, Feel ou encore Love My Life, sans oublier Angels qui s’est imposé comme le moment le plus fédérateur et émouvant de la soirée.
Fidèle à sa réputation de showman absolu, Robbie Williams a également rendu hommage à ses influences en reprenant magistralement New York, New York et My Way de Frank Sinatra, avant d’injecter une dose d’énergie pure avec une reprise de I Love Rock ‘N’ Roll de Joan Jett & The Blackhearts.
Il a refermé son concert, d’un peu plus d’une heure, sur Angels, enlacé une admiratrice montée sur scène et adressé une dernière pensée à l’équipe nationale. Une conclusion à l’image de sa prestation: généreuse, sincère et résolument fédératrice, qui restera sans doute comme l’un des temps forts de cette ouverture de Jazzablanca.




