Ce week-end aux Habous, la deuxième édition du Festival de la rentrée littéraire Le Matin

Mohammed Haitami, PDG du Groupe Le Matin, lors de son allocution en marge du Festival de la rentrée littéraire. (A.Gadrouz/Le360)

Le 31/10/2026 à 11h05

VidéoLa deuxième édition de l’événement littéraire du groupe Le Matin a débuté vendredi 30 octobre au soir au Palais du Méchouar, dans le quartier des Habous à Casablanca, avec la remise du Prix littéraire Le Matin, un hommage à Driss Chraïbi à l’occasion du centenaire de sa naissance et la signature de trois conventions de partenariat. Le programme ouvert au public se poursuit samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre, avec un accent mis sur les parutions récentes d’auteurs marocains et sur le jeune public.

Pour Mohammed Haitami, PDG du groupe Le Matin, la deuxième édition du Festival de la rentrée littéraire s’inscrit dans une démarche de reprise. «La rentrée littéraire existait déjà», explique-t-il. Le rendez-vous change par ailleurs d’appellation: la Rentrée littéraire devient le Festival de la rentrée littéraire, un terme qui, selon lui, «représente un événement festif».

Organisée par le Groupe Le Matin à travers son Book Club, la manifestation se tient sur trois jours, du 30 octobre au 1er novembre, sous le slogan «Le livre au cœur de la ville». Ali Alaoui Sossey en fait l’un des objectifs de l’édition: placer le livre «au cœur de la ville d’aujourd’hui».

Présentée par Ali Alaoui Sossey, directeur du festival, comme «l’un des moments forts» de la soirée, la remise du Prix littéraire Le Matin inaugurait une distinction lancée cette année par le groupe de presse.

Lors de la cérémonie, Mohammed Haitami, président-directeur général du Groupe Le Matin, a présenté l’édition comme «un prix littéraire en trois langues», arabe, amazighe et française. Les trophées remis aux lauréats sont l’œuvre de Mahi Binebine, artiste et écrivain. Ils ont été présentés par Zohour Gourram, Mohamed Akounad et Driss Jaydane. Les prix ont notamment été remis à Mimoun Hillali et Abdelouahid Hannou.

Autre séquence de la soirée, l’hommage à Driss Chraïbi s’inscrit dans le centenaire de la naissance de l’écrivain, né le 15 juillet 1926 à El Jadida et disparu en 2007. Ali Alaoui Sossey y voit l’occasion de «célébrer et rendre justement hommage à ces figures de la littérature marocaine».

Salma Najib a lu un extrait de «La Civilisation, ma mère !», avant une prise de parole de Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME). Sheena Chraïbi, veuve de l’écrivain, a ensuite apporté son témoignage et reçu un souvenir commémoratif.

Trois conventions et un appui ministériel

Trois conventions ont par ailleurs été signées au cours de la soirée. Elles lient le Groupe Le Matin à l’Association des libraires indépendants du Maroc, à l’Institut royal de la culture amazighe et à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Ben M’Sik. Ali Alaoui Sossey décrit ces partenaires comme des acteurs «qui partagent la même ambition que nous, à savoir la promotion du livre et de la littérature et de la culture plus généralement».

Le ministère de la Jeunesse, de la Culture, des Sports et de la Communication figure parmi les partenaires de l’événement. Son titulaire, Mohamed Mehdi Bensaid, a qualifié l’initiative d’«essentielle aujourd’hui pour pouvoir promouvoir le livre, l’édition» et, à travers eux, la lecture. L’objectif de ce type de manifestation, a-t-il ajouté, est de «rapprocher davantage l’écrivain et la lecture auprès des citoyens». Évoquant Casablanca, «une ville très active», il a plaidé pour la multiplication de ces initiatives.

Le ministre a également cité les librairies de proximité mises en place par Le Matin: «Plus on rapprochera le livre du lecteur, plus on aura bien évidemment davantage de Marocains et de Marocaines qui s’intéressent à la lecture.» Il a assuré que le ministère «sera toujours à leurs côtés pour encourager ce genre d’initiatives».

Les Habous, cadre et sujet du festival

Le quartier des Habous est à la fois le lieu de la manifestation et l’un de ses thèmes. Mohammed Haitami rappelle que «la librairie et la lecture sont nées au quartier des Habous au milieu du siècle dernier», et que de nombreuses librairies y sont toujours installées. Selon lui, ces commerces ont joué un double rôle: diffuser la littérature marocaine et constituer une «fenêtre sur le livre de l’Orient».

Plusieurs rendez-vous sont consacrés à cette histoire, à commencer par une exposition de photographies et de cartes postales anciennes montrant les transformations du quartier. Le Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat a, de son côté, programmé trois initiatives dans le cadre du festival: un atelier de lecture et d’écriture pour enfants autour de la mémoire des Habous, organisé le 28 octobre au Jardin Murdoch, une table ronde en arabe sur l’histoire des librairies du quartier, prévue samedi à la Mahkama du Pacha, ainsi qu’un circuit de découverte de librairies et de sites patrimoniaux peu connus.

Samedi et dimanche, le festival s’ouvre au grand public au Palais du Méchouar. Huit tables rondes, en français et en arabe, figurent au programme. Elles portent notamment sur la place du livre dans la ville, sur la manière dont le roman rend compte des transformations de la société, sur les difficultés rencontrées par les primo-romanciers et sur les rapports entre littérature et cinéma. Une rencontre est également consacrée au rôle des librairies, des clubs de lecture et des initiatives numériques dans la diffusion de la littérature marocaine.

Le programme compte une cinquantaine de séances de dédicaces consacrées à des nouveautés, selon Ali Alaoui Sossey. «L’un des objectifs prioritaires de cette rentrée littéraire, c’est de mettre en lumière les nouvelles parutions, les nouvelles publications, pour les auteurs et les autrices marocaines», précise-t-il. Un village du livre accueille par ailleurs une librairie et des stands partenaires. D’autres séances s’adressent aux visiteurs intéressés par les métiers du livre, du parcours d’un manuscrit jusqu’à sa publication aux contrats d’édition et aux droits d’auteur. Une performance de melhoun et des séances de contes sont également prévues.

Le festival réserve une partie de sa programmation au jeune public. Mohammed Haitami justifie ce choix: les enfants sont, dit-il, «un peu prisonniers des réseaux sociaux et des plateformes». Un espace dédié aux enfants et aux adolescents est prévu. Parmi les ateliers annoncés figurent l’écriture en français, en arabe et en anglais, la bande dessinée, le manga et la lecture théâtralisée, auxquels s’ajoute un concours de lecture à voix haute. Le directeur du festival invite, au-delà des passionnés de livre et de lecture, «les curieux» à rejoindre le public.

Par Camilia Serraj et Adil Gadrouz
Le 31/10/2026 à 11h05