Tous les articles correspondant à #Livre

Parution. «Les généraux français et le Maroc: de la pacification à l’administration (1903-1955)» de Farid Bahri
Farid Bahri relit le Protectorat français à partir de ses hommes en uniforme. Lyautey, Pétain, Noguès, Juin, Guillaume et leurs lieutenants y sont convoqués comme des chefs de guerre, mais également comme des architectes de territoire, des producteurs d’ordre, des administrateurs de souveraineté diminuée. Derrière l’euphémisme colonial de la «pacification», l’essai met au jour une continuité plus dure: la conquête militaire fabrique l’administration, puis l’administration prolonge la conquête par d’autres moyens.
Billet littéraire KS. Ep 85. «Vivre à l’endroit» de Mamoun Lahbabi ou l’art de désapprendre la ville
Mamoun Lahbabi entraîne un homme ordinaire hors de sa vie réglée, jusqu’à une oasis en plein Sahara où se réapprennent l’attention, le désir et le sens des liens. Entre conte philosophique et interrogation sociale, «Vivre à l’endroit» explore ce que la ville, le travail et l’habitude défont silencieusement en nous.
Dans un nouveau livre, Xavier Driencourt déconstruit les fictions qui habitent le récit national algérien
Alors que les relations franco-algériennes peinent à se renouer, Xavier Driencourt, fervent partisan d’une posture plus ferme de la France vis-à-vis de son ancienne colonie, apporte un précieux éclairage historique sur la relation entre les deux pays. Un bond dans le passé nécessaire car aujourd’hui, en Algérie, de contre-vérités en mensonges, les faits historiques se transforment en légendes officielles.
Parution. «Le temps de Fès: du mythe à la métropole» de Mohamed Métalsi, ou la ville qui résiste au musée
Ni relique impériale, ni carte postale patrimoniale, Fès s’offre dans le dernier opus de Mohamed Métalsi comme une ville en tension, traversée par douze siècles d’histoire, de pouvoir, de foi et de métamorphoses urbaines. À travers une approche innovante où l’humain a pleinement sa place, l’auteur relit la cité non comme un décor figé, mais comme un organisme vivant, travaillé par ses secrets, ses héritages coloniaux, ses réappropriations sociales et ses fractures contemporaines.
Friedrich Rohlfs, géographe au 19e siècle: «les habitants du Sahara (oriental) reconnaissent le sultan du Maroc comme leur suzerain»
Friedrich Gerhard Rohlfs traverse entre 1861 et 1865 le Tafilalet, le Touat et le Tidikelt, avant que la colonisation française ne fige de nouvelles frontières au Sahara. Dans son récit publié en 1868, il ne défend aucune thèse marocaine, mais consigne des faits: caïds, lettres de protection, tribut au sultan, prière du vendredi en son nom, routes caravanières et marchés liés à la capitale de l’époque, Fès. Son témoignage offre ainsi une archive précieuse sur les continuités politiques, religieuses et commerciales qui rattachaient le Sahara oriental à l’Empire chérifien.
Parution. «La Légende» de Boualem Sansal: un prisonnier encombrant
*«La Légende» n’est pas un traité froid sur l’arbitraire. C’est un texte écrit depuis une zone de brûlure, dont on ne peut nier la puissance de dévoilement. Boualem Sansal n’y raconte pas seulement sa détention: il ausculte la machine qui transforme un homme en dossier, puis en symbole fabuleux. Livre de prison, de colère politique, de douleur conjugale et de méditation sur la langue, le récit chemine entre témoignage, pamphlet, parabole et confession. Sa force tient à ce refus de la posture héroïque pure: la légende protège, mais elle confisque aussi quelque chose à celui qu’elle consacre.
Billet littéraire KS. Ep 84. «Moi, fille d’un prisonnier politique!» de Soumaya Naamane Guessous, ou à l’ombre du père
Soumaya Naamane Guessous déplace la mémoire politique marocaine vers son lieu le plus fragile: la maison. Son autobiographie intimiste ne raconte pas seulement l’emprisonnement d’un père aimé, mais l’enfance d’une fille placée devant l’absence, la peur, les silences et les demi-vérités.
Billet littéraire KS. Ep 83. «Le drame linguistique marocain» de Fouad Laroui, ou le volcan des langues
Vu par Fouad Laroui, la question des langues au Maroc revient dans une réédition qui n’a rien perdu de sa capacité d’irritation. Entre arabe classique, darija, amazighe, français et anglais, l’essai rouvre un dossier que le Maroc n’a jamais vraiment refermé: celui d’un pays où la langue engage à la fois l’école, la littérature, la mobilité sociale et l’idée même de la nation.
SIEL 2026: ces chiffres qui attestent du succès de la 31ème édition
Fréquentation en forte hausse, participation internationale élargie et offre éditoriale record: la 31ème édition du Salon international de l’édition et du livre a confirmé son changement d’échelle. Avec plus de 502.000 visiteurs et 891 exposants venus de 61 pays, le SIEL 2026 signe une progression notable par rapport à l’édition précédente.
Billet littéraire KS. Ep 81. «Maroc, mon amour!» de France Colle, ou le voyage initiatique
Dans «Maroc, mon amour!», France Colle ne visite pas seulement le Maroc: elle le retrouve, le célèbre et l’habite par l’écriture. Entre les oasis du Sud, les kasbahs, les palmeraies et les dunes, son récit devient une déclaration d’amour au Royaume, mais aussi un hommage aux femmes du Dadès et de la vallée des Roses, figures discrètes d’un Maroc laborieux, généreux et fier.