Tous les articles correspondant à #Livre

Chronique d’un colis inattendu: les «coups de dents», les «coups de chapeau» et les «coups de cœur» de Jean-Paul Péroncel-Hugoz
J’ouvre l’album et je découvre très vite que c’est plus qu’un cadeau: un trésor, une mine d’or. 257 articles d’une impertinence totale, écrits avec une liberté de ton incroyable, limite provocatrice, et accompagnés d’une trentaine d’illustrations photos choisies avec art (car chez Péroncel-Hugoz, on n’illustre pas par hasard, on fait couramment du deuxième et du troisième degré)
Charles «jovial» après la mort de Diana? Les principales accusations du livre choc du frère de Lady Di
Dans un livre qui paraît mardi mais qui fait les gros titres depuis plusieurs jours, le frère de la princesse Diana, Charles Spencer, règle ses comptes avec la famille royale britannique, en particulier avec le roi Charles III, près de trente ans après la mort de «Lady Di».
Iqlaa: le Maroc lance son premier accélérateur d’entreprises culturelles et créatives
Africalia, la Fondation Hiba et l’Institut français lancent le programme Iqlaa. Ce nouvel accélérateur soutient les entreprises culturelles et créatives marocaines. Il bénéficie du soutien de l’Union européenne. Le premier appel à candidatures est ouvert jusqu’au 27 septembre 2026 et permettra de sélectionner une vingtaine d’entreprises pour la première édition.
Parution. «Sahara 1975» de Rahal Boubrik: l’Espagne, le retrait et la fabrique d’un conflit
Dans son dernier essai sur le Sahara occidental, Rahal Boubrik relit les derniers mois de présence espagnole comme l’aboutissement d’un long projet colonial de tutelle indirecte, en consolidant une thèse diffusée par des historiens espagnols. L’ouvrage éclaire utilement la provincialisation, le PUNS, les manœuvres diplomatiques de 1975 et l’Accord de Madrid, tout en s’inscrivant dans une historiographie qui voit dans le conflit l’héritage d’une ingénierie coloniale hispano-française.
Parution. «Les généraux français et le Maroc: de la pacification à l’administration (1903-1955)» de Farid Bahri
Farid Bahri relit le Protectorat français à partir de ses hommes en uniforme. Lyautey, Pétain, Noguès, Juin, Guillaume et leurs lieutenants y sont convoqués comme des chefs de guerre, mais également comme des architectes de territoire, des producteurs d’ordre, des administrateurs de souveraineté diminuée. Derrière l’euphémisme colonial de la «pacification», l’essai met au jour une continuité plus dure: la conquête militaire fabrique l’administration, puis l’administration prolonge la conquête par d’autres moyens.
Billet littéraire KS. Ep 85. «Vivre à l’endroit» de Mamoun Lahbabi ou l’art de désapprendre la ville
Mamoun Lahbabi entraîne un homme ordinaire hors de sa vie réglée, jusqu’à une oasis en plein Sahara où se réapprennent l’attention, le désir et le sens des liens. Entre conte philosophique et interrogation sociale, «Vivre à l’endroit» explore ce que la ville, le travail et l’habitude défont silencieusement en nous.
Dans un nouveau livre, Xavier Driencourt déconstruit les fictions qui habitent le récit national algérien
Alors que les relations franco-algériennes peinent à se renouer, Xavier Driencourt, fervent partisan d’une posture plus ferme de la France vis-à-vis de son ancienne colonie, apporte un précieux éclairage historique sur la relation entre les deux pays. Un bond dans le passé nécessaire car aujourd’hui, en Algérie, de contre-vérités en mensonges, les faits historiques se transforment en légendes officielles.
Parution. «Le temps de Fès: du mythe à la métropole» de Mohamed Métalsi, ou la ville qui résiste au musée
Ni relique impériale, ni carte postale patrimoniale, Fès s’offre dans le dernier opus de Mohamed Métalsi comme une ville en tension, traversée par douze siècles d’histoire, de pouvoir, de foi et de métamorphoses urbaines. À travers une approche innovante où l’humain a pleinement sa place, l’auteur relit la cité non comme un décor figé, mais comme un organisme vivant, travaillé par ses secrets, ses héritages coloniaux, ses réappropriations sociales et ses fractures contemporaines.
Friedrich Rohlfs, géographe au 19e siècle: «les habitants du Sahara (oriental) reconnaissent le sultan du Maroc comme leur suzerain»
Friedrich Gerhard Rohlfs traverse entre 1861 et 1865 le Tafilalet, le Touat et le Tidikelt, avant que la colonisation française ne fige de nouvelles frontières au Sahara. Dans son récit publié en 1868, il ne défend aucune thèse marocaine, mais consigne des faits: caïds, lettres de protection, tribut au sultan, prière du vendredi en son nom, routes caravanières et marchés liés à la capitale de l’époque, Fès. Son témoignage offre ainsi une archive précieuse sur les continuités politiques, religieuses et commerciales qui rattachaient le Sahara oriental à l’Empire chérifien.
Parution. «La Légende» de Boualem Sansal: un prisonnier encombrant
*«La Légende» n’est pas un traité froid sur l’arbitraire. C’est un texte écrit depuis une zone de brûlure, dont on ne peut nier la puissance de dévoilement. Boualem Sansal n’y raconte pas seulement sa détention: il ausculte la machine qui transforme un homme en dossier, puis en symbole fabuleux. Livre de prison, de colère politique, de douleur conjugale et de méditation sur la langue, le récit chemine entre témoignage, pamphlet, parabole et confession. Sa force tient à ce refus de la posture héroïque pure: la légende protège, mais elle confisque aussi quelque chose à celui qu’elle consacre.