L’affaire tragique du meurtre d’une fillette par son père a connu un premier tournant judiciaire avec la décision de la Cour d’appel de reporter l’audience au 26 novembre, accédant ainsi à la demande formulée par la défense. Cette première séance du procès du médecin poursuivi pour ces faits s’est ouverte dans une lourde atmosphère, marquée par les cris de la mère de la victime, qui s’est constituée partie civile dans ce procès et qui rejette catégoriquement toute idée de vengeance ou de différend personnel avec son ex-mari. Ce renvoi a été accordé afin de permettre à l’ensemble des parties, dont la défense, de préparer leurs arguments et de disposer de toutes les garanties inhérentes au procès, indique le quotidien Assabah de ce mardi 3 novembre.
L’enquête menée au cours de la procédure a permis de révéler la gravité des chefs d’accusation retenus à l’encontre du prévenu. Le procureur général près la Cour d’appel poursuit le médecin pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur la personne de sa fille, une mineure de moins de quinze ans, ainsi que pour consommation de stupéfiants. Selon les éléments du dossier, l’accusé avait l’habitude de mélanger des médicaments à de l’alcool, une habitude qui l’aurait plongé dans un état second et lui aurait fait perdre le contrôle de ses actes. S’exprimant sur les faits, le père a affirmé ne plus se souvenir des circonstances exactes du drame, tout en reconnaissant avoir amené sa fille de quatre ans à son domicile après que son ex-épouse eut exprimé de vives inquiétudes quant à sa garde.
Les investigations menées sur les lieux par la PJ ont rapidement contredit les allégations du mis en cause. Alors que le médecin niait toute agression physique ou sexuelle sur l’enfant, les constatations de la police scientifique ont mis en évidence la présence de taches de sang sur le lit, la literie et par-dessus l’oreiller, dans sa chambre, située au quatrième étage. L’enquête a établi que l’accusé avait violemment brutalisé sa fillette avant de la jeter par la fenêtre. La petite fille est morte sur le coup immédiatement après cette défenestration, succombant à de multiples fractures et contusions réparties sur l’ensemble de son corps, en raison de la violence du choc, lit-on dans Assabah.
Les services de sécurité du district d’El Fida Mers Sultan se sont immédiatement mobilisés pour traiter cette affaire criminelle. Les éléments de la police judiciaire se sont rendus sur les lieux et ont procédé aux premières constatations, tandis que la protection civile a assuré le transfert de la dépouille à la morgue pour une autopsie. Les forces de l’ordre sont parvenues à interpeller le père, suspecté d’infanticide, en l’extrayant de son appartement où il s’était retranché. L’homme, qui peinait à réaliser la portée de son comportement, a été placé en garde à vue, sous la supervision du parquet compétent.
Le drame a aussi pour origine la détresse psychologique de la mère de la petite fille, avant que cette tragédie ne survienne. Elle avait confié aux enquêteurs son sentiment d’angoisse et son refus initial de la laisser seule avec son père, redoutant un drame. Ses craintes se sont avérées exactes lorsque le mis en cause, après avoir brièvement laissé l’enfant seule, est revenu dans la pièce où il se trouvait pour finir le verre d’alcool qu’il buvait, après avoir préalablement ingurgité des psychotropes, avant de commettre l’irréparable. La reprise des audiences est prévue pour le 26 novembre.




