Les «dentistes des pauvres» dans le viseur de leur instance professionnelle

Depuis plusieurs mois, en Algérie, les dentistes font face à une grave pénurie de produits anesthésiants dentaires.

Anesthésie par un dentiste.

Revue de presseDes dentistes surnommés «médecins des pauvres» seraient avertis par l’Ordre national des médecins dentistes du Maroc pour avoir pratiqué des tarifs inférieurs à ceux de leurs confrères. Ce différend, nourri par l’absence de tarification unifiée, relance le débat sur la légitimité des poursuites disciplinaires et sur le droit des citoyens à des soins en phase avec leur pouvoir d’achat. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 02/11/2026 à 19h23

Des sources professionnelles indiquent que de nombreux médecins dentistes affiliés à l’Ordre national des médecins dentistes du Maroc (ONMD) ont été surpris de recevoir des avertissements en raison des tarifications qu’ils appliquent à certaines interventions. Cette démarche a suscité le mécontentement des milieux professionnels et relancé le débat sur les limites de l’intervention des instances professionnelles dans la fixation des tarifs des soins, ainsi que sur la garantie du droit des citoyens à accéder à des services médicaux en adéquation avec leur pouvoir d’achat.

Les mêmes sources soulignent que les avertissements adressés aux médecins concernés ont circulé dans des groupes WhatsApp dédiés aux professionnels, rapporte Al Akhbar de ce mardi 3 octobre. Certains de ces praticiens sont décrits, au sein des milieux professionnels, comme les «médecins des pauvres», dans la mesure où ils appliquent des honoraires relativement bas au bénéfice de patients à revenus limités, notamment en orthodontie et pour la correction des malpositions dentaires.

Le différend tient essentiellement à l’absence d’une tarification unifiée et claire pour les différentes interventions réalisées dans les cabinets dentaires. Cela soulève des questions sur les critères retenus pour l’envoi des avertissements, ainsi que sur les fondements des procédures disciplinaires, lesquelles peuvent inclure la transmission de certains dossiers à la commission d’éthique relevant de l’ONMD.

Le clivage des positions au sein de la profession reflète une divergence dans la gestion des cabinets dentaires et dans la fixation des honoraires. Certains médecins préfèrent se contenter de marges bénéficiaires modestes et prendre en compte la situation sociale des patients, tandis que d’autres appliquent des tarifs élevés pour des services similaires. Des estimations circulant dans les milieux professionnels évoquent des marges bénéficiaires dépassant 200% pour certaines interventions.

Ces développements ont suscité un débat sur la légitimité de demander des comptes à un médecin en raison de l’application de tarifs inférieurs à ceux de ses confrères, surtout en l’absence d’une référence tarifaire claire et publiée permettant d’évaluer les pratiques professionnelles. Des médecins estiment que l’offre de soins à des tarifs raisonnables ne saurait constituer en soi un motif de poursuite disciplinaire, dès lors que l’appréciation du respect des règles professionnelles et déontologiques relève des dispositions légales et réglementaires en vigueur, écrit Al Akhbar.

Dans un contexte connexe, l’interdiction de la publicité sur les réseaux sociaux suscite un débat au sein de la profession quant à la capacité des médecins dentistes marocains à faire connaître leurs services et à communiquer avec les patients, compte tenu des restrictions frappant la publicité commerciale. En revanche, ces plateformes connaissent une activité publicitaire croissante de cliniques et de centres spécialisés en Turquie, qui ciblent les Marocains avec des offres liées à l’esthétique dentaire, à la pose de bagues orthodontiques et de facettes décoratives.

Par Hassan Benadad
Le 02/11/2026 à 19h23