Fillette jetée par le balcon par son père: le récit d’un drame qui sidère Casablanca

Près de Casablanca Finance City, un père est soupçonné d'avoir précipité sa fille d'un balcon. (Photo d'illustration)

Un retard pour ramener l’enfant, une dispute au téléphone, une menace lâchée sous le coup de la colère, puis un bruit sourd au pied d’un immeuble. Lundi 19 octobre au soir, à Casablanca, une fillette a perdu la vie après avoir été précipitée d’un balcon. Le principal suspect est son propre père, médecin anesthésiste-réanimateur. Selon les premiers éléments, il aurait ensuite regagné son lit comme si de rien n’était. Retour sur une soirée qui a viré à l’horreur.

Le 21/10/2026 à 18h05

Rien ne laissait présager le drame. Ce lundi 19 octobre 2026, le soir tombe doucement sur Hay Hassani, près de Casablanca Finance City. Le calme est total. Puis des cris d’enfant déchirent soudain le silence. En quelques secondes, ce coin paisible de la métropole devient le théâtre d’une tragédie qui va bouleverser l’opinion publique.

La scène se joue au quatrième étage d’un immeuble résidentiel. C’est là que s’achève brutalement la vie d’une fillette qui n’avait pas encore soufflé sa sixième bougie. Les soupçons se portent sur celui qui aurait dû être son premier rempart: son père. Identifié par les initiales A. M., il est médecin anesthésiste-réanimateur au CHU Ibn Rochd de Casablanca, selon le magazine Maroc Hebdo.

Pour comprendre ce drame, il faut remonter le fil d’un conflit qui couvait depuis des mois. Le père et son ex-épouse, elle aussi médecin, sont séparés depuis environ un an et demi. Entre eux, un dossier reste brûlant: la garde de leur fille. Une décision de justice accorde au père un droit de visite d’une journée par semaine. Ce lundi, la fillette se trouve chez lui.

Mais à l’issue de la période de visite, l’enfant n’est toujours pas rendue à sa mère. Le père tarde. Ce retard va mettre le feu aux poudres.

«Je vais t’en débarrasser»

Au téléphone, la mère proteste. Ses reproches attisent des désaccords déjà profonds, et l’échange tourne rapidement à l’affrontement. Le ton monte, les mots claquent. Selon le récit rapporté, le père, submergé par la colère, aurait lancé à son ex-épouse une phrase aussi froide que terrifiante: «Cette fille avec laquelle tu me rends malade, je vais t’en débarrasser.»

La mère raccroche. Elle ne prend pas la menace au sérieux. Comment imaginer qu’un père puisse passer à l’acte? Elle ignore alors que ces mots s’apprêtent à devenir réalité. Tout bascule en un instant. Le père aurait précipité sa fillette dans le vide, depuis le balcon de son appartement. Le petit corps heurte violemment le sol. Il ne résistera pas au choc d’une telle chute.

Après les faits, le père serait tranquillement retourné dans sa chambre pour reprendre son sommeil. Il semble indifférent aux cris et à l’impact. Les voisins, ayant entendu le bruit terrible de la chute, alertent aussitôt les services de sécurité du district de Hay Hassani, les autorités locales et la Protection civile. Ils préviennent aussi la mère, qui accourt sur les lieux. Le choc est insoutenable. Sous ses yeux, sa petite fille gît dans une mare de sang, sans réaction. Un véritable cauchemar.

L’enfant est transportée aux urgences de l’hôpital Al Hassani. L’équipe médicale tente l’impossible pour la sauver, mais il est trop tard. La fillette a rendu son dernier souffle, terrassée par de multiples fractures et de graves contusions.

Pendant ce temps, l’étau se resserre autour de l’appartement du suspect. Les policiers encerclent les lieux et frappent à la porte, longuement, en vain. Aucune réponse. Le parquet, saisi, ordonne de forcer l’entrée. À l’intérieur, les enquêteurs découvrent une scène déroutante: le père est endormi dans sa chambre, comme si la soirée avait été parfaitement ordinaire.

Au moment de son interpellation, il apparaît hagard, le regard absent, à peine conscient. Son état laisse fortement supposer la prise de sédatifs ou d’antidépresseurs, qui auraient altéré son équilibre psychique et moteur.

Face aux enquêteurs, lors de ses premières auditions, le médecin se mure dans le silence. Il refuse de livrer la moindre explication sur les faits qui lui sont reprochés. Une enquête judiciaire a été ouverte pour reconstituer le fil exact de cette soirée tragique.

Par Hafida Ouajmane
Le 21/10/2026 à 18h05