Émeutes et pillages en Europe: quelles leçons pour nous?

Fouad Laroui.

ChroniqueVoilà les quatre points qu’il me semble urgent de méditer pour qu’on n’ait jamais à voir dans les rues de Casablanca les scènes désolantes que j’ai vues dans les rues de Paris.

Le 21/10/2026 à 12h00

La veille, j’y avais acheté une petite cafetière. Tout y était propre et paisible. Le lendemain, il était envahi, sali et pillé par des hordes de jeunes encagoulés, la plupart de type africain– ce n’est pas du racisme: je les ai vus. Il s’agit du magasin Darty de Belleville, dans le 20ème arrondissement, où je loge. Ces jours-ci, les rues de Paris semblent peu sûres. Et puis Bruxelles, Milan s’embrasent aussi…

Les Français, les Européens auront à régler leurs problèmes. C’est leur affaire. Pour nous, Marocains, il s’agit de tirer les leçons de ce qui se passe aujourd’hui sur le Vieux Continent. Personnellement, j’en vois quatre. Si vous en voyez d’autres, je vous prie de bien vouloir les expliciter dans les commentaires en dessous de ce billet.

1. Il ne faut en aucun cas laisser la rue aux émeutiers ou aux pillards. Maintenir l’ordre public et garantir la sécurité des citoyens est la première tâche de l’État. Qu’il l’assure! Dans cette mission, il doit pouvoir compter sur le soutien sans faille de la population. Le droit de manifester figure dans la Constitution de 2011, certes, mais il est régi par le Dahir n° 1-58-377 qui impose une obligation de déclaration préalable et une coordination avec les autorités locales (lieu de la manifestation, parcours si elle n’est pas statique, responsabilité des organisateurs, etc.). En aucun cas, nous ne devons encourager ou applaudir ceux qui sortent dans la rue en s’affranchissant de ce Dahir, sous prétexte qu’ils sont jeunes ou sympathiques ou que leurs revendications sont légitimes. C’est la première leçon.

2. Il ne faut en aucun cas laisser grandir chez nous des générations d’enfants ou d’adolescents qui ne s’estimeraient pas liés au Maroc. J’ai vu, de mes yeux vu, un émeutier qui s’apprêtait à entrer dans un bar-tabac du côté du boulevard Voltaire pour le piller avec d’autres, et qui portait un drapeau algérien comme écharpe! Il y a fort à parier que ce crétin jouit de la nationalité française et de tous les avantages y afférents. Et il pille la France en arborant fièrement le drapeau d’un autre pays… Dans la mairie de Marseille, le buste de Marianne, symbole de la République française, a été violemment jeté au sol. Imagine-t-on le portrait du Roi décroché des murs de la wilaya de Casablanca par des écervelés qui résideraient tout à fait légalement dans notre pays? Il faut donc éduquer dès l’enfance les enfants d’immigrés et en faire de vrais Marocains par une politique généreuse, fraternelle, d’assimilation. Ceux qui refuseraient cette main tendue n’ont rien à faire chez nous. Je m’étonne d’ailleurs que nous n’ayons pas un Secrétariat d’État à l’immigration pour mettre en œuvre cette politique stricte d’assimilation.

«Qui pâtit le premier de l’effondrement de l’ordre public? C’est le peuple. Si on se prétend de gauche, il faut prendre le parti du peuple. Il faut le protéger.»

—  Fouad Laroui

3. Il ne faut pas que s’installe chez nous un sentiment d’impunité. Certains cas relevés par les journalistes sont sidérants. À Belfort, un Bulgare (!) est arrêté pour avoir attaqué, frappé et jeté à terre un policier français, chef du renseignement départemental. Que fait la justice française? Elle libère immédiatement le Bulgare! Il parade maintenant dans les rues de Belfort, fier comme Artaban. Comment la France en est-elle arrivée là? Qui sont ces juges mous comme autant de caramels? En tout cas, le sentiment d’impunité qu’éprouvent aujourd’hui en France les délinquants et les pillards ne doit en aucun cas apparaître dans notre pays. Ce serait le début de la fin.

4. Il ne faut pas faire du maintien de l’ordre et de la sévérité de la justice une question politique. Ceux qui verraient dans ce qui précède un discours de droite n’ont rien compris. Ce sont justement les riches qui ont les moyens de se protéger de l’émeute. Le policier de Belfort ou le tenancier du bar-tabac du boulevard Voltaire ne sont certainement pas des milliardaires. Qui pâtit du désordre, de la violence, de l’insécurité? Ce ne sont pas les nantis qui ont les moyens de vivre dans une forteresse ou de sauter dans un avion privé pour filer vers d’autres horizons. Qui pâtit le premier de l’effondrement de l’ordre public? C’est le peuple. Si on se prétend de gauche, il faut prendre le parti du peuple. Il faut le protéger.

Voilà les quatre points qu’il me semble urgent de méditer pour qu’on n’ait jamais à voir dans les rues de Casablanca les scènes effrayantes et désolantes que j’ai vues cette semaine dans les rues de Paris.

Par Fouad Laroui
Le 21/10/2026 à 12h00