Devant la Chambre des représentants, Adib Benbrahim a indiqué hier que 200.000 demandes ont été enregistrées depuis le lancement du programme d’aide directe au logement, précisant que 96.948 personnes en ont déjà bénéficié à ce jour.
Sur le programme Villes Sans Bidonvilles, le secrétaire d’État est revenu sur l’évolution du phénomène au Maroc. Le recensement de 2004 établissait que 270.000 familles étaient concernées par l’habitat insalubre.
Adib Benbrahim a indiqué que jusqu’à septembre 2025, ce sont 496.000 familles qui sont concernées par ce programme, ce qui représente une hausse de plus de 83% par rapport au recensement initial. Face à cette situation, l’action publique s’est intensifiée. Le secrétaire d’État a annoncé que le cas de 370.000 familles a déjà été traité et que 62 villes ont été officiellement déclarées sans bidonvilles. Il a réaffirmé l’engagement de l’exécutif en déclarant: «En 2028 on aura fini avec les bidonvilles dans le cadre du plan quinquennal.»
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Le troisième axe abordé concerne la lutte contre les maisons menaçant ruine, un dossier qu’Adib Benbrahim qualifie de priorité. Il a expliqué que «ces maisons menaçant ruine sont le résultat de plusieurs facteurs aggravants dont l’augmentation du nombre de personnes au sein d’une même maison, la vétusté du bâti et l’absence d’entretien dans les anciennes médinas et dans les logements illégaux qui se répandent énormément au Maroc». Pour mesurer l’ampleur du phénomène, le secrétaire d’État s’est référé aux statistiques officielles réalisées par le ministère de l’Intérieur en 2012, qui faisaient état de 43.697 bâtiments menaçant ruine dans lesquels résidaient 78.000 familles.
Sur le bilan de l’action gouvernementale, Adib Benbrahim a affirmé que le gouvernement actuel a traité 16.466 bâtiments, ce qui correspond à 31.956 familles concernées. Il a ajouté qu’à l’heure actuelle, 26 bâtiments ont été réhabilités et que les conditions de vie de plus de 51.000 familles ont été améliorées grâce aux interventions menées.
Pour renforcer l’efficacité de l’action publique, un nouveau cadre opérationnel a été mis en place. Le secrétaire d’État a souligné que «l’agence de traitement des maisons menaçant ruine nous a donné un cadre juridique pour mieux maîtriser le dossier et mieux intervenir». Il a précisé le rôle de cette structure en indiquant: «On a activé l’agence urbaine avec l’arrivée de la ministre: la structure existait en 2019 mais elle lui a donné les ressources qui lui ont permis de faire un travail de diagnostic et d’expertise». Ce travail d’expertise a porté sur 47.000 bâtiments, dont 16.000 situés dans les anciennes médinas et 11.000 en dehors de ces périmètres historiques.
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Adib Benbrahim a insisté sur le changement de méthode opéré par son département: «On est passé maintenant du diagnostic à l’action». Cette nouvelle approche se traduit par la signature de conventions avec les Régions pour permettre l’intervention directe de l’Agence nationale pour la rénovation et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine. Le secrétaire d’État a expliqué la différence fondamentale avec l’ancien système: «Avant, c’était le propriétaire qui était responsable de la réfection et la réhabilitation de sa maison, maintenant l’agence intervient pour réhabiliter et réconforter et par la suite il y a le remboursement des frais engagés.»
Ces annonces du secrétaire d’État intervenaient en réponse aux questions du groupe parlementaire du PAM qui interpellait le gouvernement sur «le dispositif pour poursuivre et terminer le plan de lutte contre les maisons menaçant ruine et les plans de relogement et de recasement», ainsi que sur «les mesures prises pour traiter définitivement le sujet des maisons menaçant ruine sur un plan global».
Concernant les habitants de la circonscription de Youssoufia en attente de leur logement, une inquiétude persiste et elle est compréhensible. Certains députés ont alerté sur le manque d’information des familles concernées. L’État a décidé de stopper temporairement la construction en raison du plan d’aménagement et dans l’attente des résultats des études en cours. Dans ce contexte, il revient aux responsables sur place de rassurer les habitants: leurs droits seront préservés et personne ne viendra les en priver.




