L’activité de la restauration rapide au Maroc est caractérisée par de profondes mutations, portée par l’essor des franchises. Entre évolution des modes de consommation, essor d’un entrepreneuriat structuré et exigences accrues des clients, ce modèle s’impose comme un levier de croissance et de professionnalisation. Citée par le magazine Challenge, Jamila Rezgani, cofondatrice de 212 Chicken, et vice-présidente de la Fédération marocaine de la franchise, décrypte les enjeux de cette dynamique. Les enseignes de restauration rapide en franchise se multiplient dans les villes marocaines, répondant à une demande croissante pour des solutions rapides, accessibles et standardisées. «L’essor des franchises de restauration rapide au Maroc s’explique par une convergence de plusieurs facteurs», explique Jamila Rezgani. Parmi ceux-ci, une transformation sociétale marquée par «une population jeune, urbaine et active, qui recherche des réponses adaptées à son rythme de vie», a-t-elle déclaré.
Cette évolution s’accompagne d’un changement dans le paysage entrepreneurial, écrit Challenge. «Le Maroc est aujourd’hui dans une dynamique où entreprendre devient une ambition forte, notamment chez les jeunes et les cadres en reconversion», souligne-t-elle. Dans ce contexte, la franchise apparaît comme une solution attractive, offrant un cadre sécurisé pour se lancer. «La franchise répond à un besoin fondamental: sécuriser l’investissement», précise Jamila Rezgani. Elle permet d’accéder à «un concept déjà testé, une marque existante, un savoir-faire opérationnel et un accompagnement», réduisant ainsi les risques inhérents à la création d’entreprise. Le modèle séduit également les restaurateurs expérimentés. «Beaucoup d’entrepreneurs déjà établis se tournent vers des franchises plutôt que de créer de nouveaux concepts», observe-t-elle, pointant les défis liés aux projets lancés «feuille blanche».
Cette tendance reflète une recherche d’efficacité et de gain de temps, la franchise permettant de «se concentrer sur l’exécution plutôt que sur la création». L’évolution des attentes des consommateurs marocains joue également un rôle clé, a-t-on encore lu dans Challenge. «Le consommateur marocain est devenu beaucoup plus exigeant», affirme Jamila Rezgani. Il recherche «de la constance, de la rapidité, une expérience claire et identifiable, et des prix accessibles». Les franchises, grâce à leur standardisation, répondent parfaitement à ces critères. «Les franchises apportent de la lisibilité. Le client sait ce qu’il va consommer, peu importe le point de vente», explique-t-elle. Cette prévisibilité rassure et fidélise, tout en créant un lien émotionnel avec la marque. «Aujourd’hui, les consommateurs consomment autant une expérience qu’un produit», ajoute-t-elle.
Si le marché continue de croître, cette expansion ne sera pas uniforme. «Le marché va devenir beaucoup plus sélectif», prévient Jamila Rezgani. Une saturation partielle est à prévoir, mais elle ne concernera que «les concepts faibles ou mal structurés». Les enseignes qui réussiront seront celles capables de «maîtriser parfaitement leurs opérations, avoir une identité de marque forte, innover en continu et structurer leur développement en franchise de manière rigoureuse». Le secteur entre ainsi dans une phase de professionnalisation accrue, où la qualité prime sur la quantité.
Pour les acteurs du secteur, le défi est désormais de construire des réseaux solides et durables. «Le vrai défi aujourd’hui n’est plus d’ouvrir des points de vente, mais de construire des réseaux solides, rentables et durables», insiste Jamila Rezgani. Une approche que 212 Chicken applique à son développement, en misant sur «une croissance maîtrisée, l’excellence opérationnelle et un accompagnement réel des franchisés». À mesure que le marché marocain de la restauration rapide gagne en maturité, la franchise s’affirme comme un modèle structurant, capable de transformer durablement les habitudes de consommation et le paysage entrepreneurial.



