Lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, tenue ce lundi 20 avril 2026, la question de l’imposition de frais d’accès jugés injustifiés aux candidats au master et au doctorat, notamment parmi les étudiants salariés du secteur privé, a été discutée.
Intervenant au nom du groupe de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Mehdi Alaoui a dénoncé «l’imposition de frais d’accès sans base légale» visant, selon lui, des étudiants salariés et employés du secteur privé souhaitant poursuivre leurs études supérieures. Le député a particulièrement insisté sur les risques d’une telle pratique pour l’égalité des chances et l’accès à l’enseignement.
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En réponse, Azeddine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, a tenu à clarifier le cadre réglementaire en vigueur. «Un cahier des normes pédagogiques vient d’être adopté en coordination avec le Syndicat national de l’enseignement supérieur», rappelle-t-il. «La loi 59-24 a également tranché en reconnaissant la légalité de l’horaire aménagé», ajoute-t-il.
Interrompu par le président de la séance pour confirmer ses propos, le ministre a réaffirmé sa position. «Ces frais ne concernent que les étudiants inscrits en horaire aménagé. Il n’y a pas un seul étudiant marocain inscrit dans un établissement public qui paie des frais quelconques», insiste-t-il. «Les seuls frais existants sont ceux liés à ces formations spécifiques et ils sont légalement fondés», précise-t-il.
«Des citoyens mécontents ont saisi les tribunaux, mais la justice a donné raison au ministère. Avec la loi 59-24, cette question est désormais tranchée», insiste-t-il.
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Reprenant la parole, le député a accusé le ministère de favoriser une «marchandisation» de l’enseignement supérieur. «On assiste à un basculement d’une université perçue comme un droit fondamental vers une logique de service payant», déclare-t-il. «Cela risque d’instaurer une sélection par l’argent au détriment du mérite et d’exclure les étudiants issus de milieux défavorisés», poursuit-t-il.
Pour appuyer ses propos, Mehdi Alaoui a donné l’exemple d’un master à Errachidia dont les frais atteindraient 44.000 dirhams. Une affirmation immédiatement rejetée par le ministre. «Une telle somme pourrait exister dans le cadre d’une formation continue non reconnue par l’État, mais en aucun cas pour un master public en horaire aménagé», explique-t-il.
«J’insiste sur le fait que l’enseignement public au Maroc est gratuit et que notre priorité est et restera toujours l’étudiant», conclut-il.



