Aucune empreinte digitale exploitable n’a été isolée sur les menottes utilisées lors de l’interpellation d’Abderrahim Fakir. Seules de petites traces biologiques et pileuses, ainsi qu’une tache de matière encore à déterminer, potentiellement du sang ou de la rouille, ont été relevées lors des examens irrémédiables menés par la police scientifique de Rome sur le dispositif de sécurité utilisé par les deux agents intervenus le 19 juillet dernier via Svevo, au Pilastro.
Ce premier bilan porte sur le matériel saisi le jour du drame, dans le cadre de l’enquête ordonnée par le parquet de Bologne. L’inspection des menottes visait à déterminer s’il s’agissait bien du dispositif utilisé pour tenter d’immobiliser Abderrahim Fakir, en pleine crise psychiatrique et si celui-ci avait fonctionné correctement.
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L’absence d’empreintes exploitables relance désormais l’examen vers une analyse mécanique de l’instrument. Aucune trace digitale, y compris étrangère aux deux agents, n’a par ailleurs été retrouvée sur les menottes. «C’est un résultat particulièrement singulier, mais qui pourrait aussi être significatif», commente Fabio Anselmo, avocat de la famille de Fakir, à propos de ces premiers résultats.
«À la base, il y a eu une action violente de compression qui a duré trop longtemps. Sinon, quelle pertinence aurait l’analyse des menottes pour déterminer s’il s’agit bien de celles examinées, et si elles ont correctement fonctionné?», interroge-t-il.
Parallèlement, l’examen irrémédiable de la police scientifique de Rome s’est étendu, par des analyses biologiques et pileuses, à un autre élément saisi par les enquêteurs, à savoir un tee-shirt blanc, taille L, sur lequel une recherche de formations pileuses et de traces biologiques a été menée. Plusieurs profils, dont certains d’origine probablement sanguine, y ont été isolés. Des analyses complémentaires doivent désormais permettre de les attribuer.
Les derniers examens complémentaires à l’autopsie reprennent également afin de fixer précisément la dynamique et les causes de la mort du quadragénaire marocain. Les experts du parquet et des parties doivent se réunir mercredi à Padoue pour ouvrir le cœur d’Abderrahim Fakir, intégralement prélevé lors de l’autopsie.
Cet examen doit permettre de déterminer si l’organe présente des traces de toxicité, de compression, ou d’éventuelles pathologies cardiaques latentes. Parmi les autres investigations toujours en cours figurent l’analyse du téléphone de la victime, sur laquelle la brigade mobile travaille à partir du matériel déjà extrait, la reconstitution tridimensionnelle de la rue Svevo ainsi que l’analyse des images de la caméra-piéton d’un policier.
Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans arrivé en Italie à l’âge de cinq ans, est mort le 19 juillet après avoir été plaqué au sol par deux policiers lors de son interpellation à Bologne. Les premiers résultats de l’autopsie avaient fait état de poumons pleins de sang et de vastes zones d’infiltration hémorragique par compression au dos, un tableau que l’avocat Fabio Anselmo avait qualifié d’«asphyxie mécanique violente par compression dorsale».
L’analyse du téléphone de la victime a, depuis, livré de premiers éléments à la brigade criminelle de Bologne, tandis que les analyses complémentaires à l’autopsie doivent reprendre en fin de mois. Trente-six jours après le drame, la dépouille du défunt reste toujours retenue en Italie, tandis que sa famille réclame son rapatriement.




