Les deux policiers mis en cause dans la mort d’Abderrahim Fakir doivent reprendre leur service en patrouille dès le 1er septembre. C’est ce qu’a révélé leur avocat, Gabriele Bordoni, dans les colonnes de La Repubblica, alors que la préfecture de police de Bologne garde le silence sur ce dossier.
La sénatrice Ilaria Cucchi s’est aussitôt emparée de l’information, sur Facebook. Elle rappelle que les deux agents étaient jusqu’à récemment affectés à des tâches internes. Un cantonnement resté en vigueur jusqu’à l’intervention du vice-président du Conseil des ministres d’Italie, Matteo Salvini, venu défendre les policiers après que la sœur d’Abderrahim Fakir eut publiquement demandé des comptes sur leur retour en service, fait-elle savoir.
Pour la sénatrice, la manière dont cette annonce a été rendue publique pose question. «Comment un avocat peut-il connaître à l’avance les dispositions internes d’un commissariat et d’une préfecture de police?» interroge-t-elle, avant de poursuivre: «Qui décide des mouvements du personnel à Bologne, le préfet de police, ou l’avocat des deux policiers?»
Pour Ilaria Cucchi, ce n’est pas qu’une question de procédure. Elle estime que cette transparence est due aux citoyens, aux autres policiers de la préfecture, ainsi qu’à la famille d’Abderrahim Fakir, toujours en attente de réponses sur sa mort. «Est-il normal qu’existe une telle proximité entre l’avocat et la préfecture de police, au point de pouvoir annoncer à la presse, des semaines à l’avance, les mouvements internes du personnel?», dit-elle.
Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans arrivé en Italie à l’âge de cinq ans, est mort le 19 juillet après avoir été plaqué au sol par deux policiers lors de son interpellation à Bologne. Les premiers résultats de l’autopsie avaient fait état de poumons pleins de sang et de vastes zones d’infiltration hémorragique par compression au dos, un tableau que l’avocat Fabio Anselmo avait qualifié d’«asphyxie mécanique violente par compression dorsale».
L’analyse du téléphone de la victime a, depuis, livré de premiers éléments à la brigade criminelle de Bologne, tandis que les analyses complémentaires à l’autopsie doivent reprendre en fin de mois. Trente-six jours après le drame, la dépouille du défunt reste toujours retenue en Italie, tandis que sa famille réclame son rapatriement.




