Sahara: le rapport de Guterres décrit une évolution du processus politique vers des modalités transitoires

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, le 23 septembre 2025 à New York.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.. AFP or licensors

Revue de presseLe rapport du secrétaire général de l’ONU souligne que les négociations sur le Sahara ont dépassé le stade des déclarations de principe. Les équipes onusiennes et américaines ont commencé à élaborer un avant-projet d’accord-cadre sur une éventuelle période de transition. Parmi les idées examinées, figure la création d’un conseil transitoire qui pourrait servir à la fois à gérer la période intermédiaire et à négocier les détails du règlement politique. Toutefois, les divergences de fond persistent. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 04/10/2026 à 18h15

Le nouveau rapport sur le Sahara du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, met en évidence une inflexion majeure: le processus politique est passé de la gestion de la phase de gel à la recherche des modalités pratiques de la solution. Cette évolution a conféré à la proposition marocaine d’autonomie le statut de base de négociations, reprises début 2026 avec la participation des quatre parties (Algérie, Maroc, Mauritanie, Polisario).

Cette reprise s’est faite sur une proposition de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, en coordination avec les États-Unis. Y ont pris part des représentants des Nations unies et de Washington, parmi lesquels le représentant permanent des États-Unis à l’ONU, Michael Waltz, Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump, et plusieurs responsables américains. Le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie étaient représentés par leurs ministres des Affaires étrangères, alors que le Polisario l’était par un responsable chargé de sa politique extérieure, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 5 octobre.

Lors du premier round, tenu à Washington, le Maroc a présenté une version élargie de sa proposition d’autonomie, tout en se déclarant disposé à négocier avec le Polisario sur la formule de solution et à l’exécuter de manière conjointe. En retour, le Polisario a exposé des idées et des propositions de règlement fondées sur un texte qu’il avait présenté en octobre 2025 au secrétaire général de l’ONU.

Le deuxième round, à Madrid, a marqué un approfondissement des pourparlers. Une partie des discussions s’est concentrée sur les modalités susceptibles d’accompagner une éventuelle phase de transition. Parmi les idées les plus marquantes examinées, figure la création d’un conseil transitoire, dont le rôle ne se limiterait pas à la gestion des aspects pratiques de la période transitoire, mais pourrait aussi constituer un cadre de négociation sur les détails du règlement politique. Les équipes onusiennes et américaines ont appelé à franchir une étape supplémentaire en préparant un avant-projet d’accord-cadre sur une éventuelle période de transition.

Le troisième round s’est tenu à Washington les 23 et 24 février 2026. Les pourparlers se sont particulièrement concentrés sur le projet de conseil de transition et sur les autres éléments préparés par les équipes onusiennes et américaines. Ce round a toutefois enregistré la persistance de divergences sur les questions les plus sensibles du conflit, au premier chef la souveraineté sur la province et l’autodétermination. Les trois phases de négociations n’ont donc pas abouti à un accord définitif, mais elles ont permis aux discussions d’atteindre un niveau plus détaillé, englobant la recherche de structures provisoires et de mécanismes politiques, sécuritaires et économiques pouvant être associés à un règlement futur.

Le rapport souligne que les négociations de janvier et février 2026 ne se sont pas contentées d’échanger des positions sur la nature de la solution : elles ont ouvert le débat sur plusieurs mécanismes opérationnels liés à la possibilité d’appliquer un règlement politique, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Dans ce contexte, se dégage la proposition de créer un conseil transitoire, aux côtés de l’examen des questions de ressources, de conciliation, de désarmement, d’élections et de garanties internationales. Autant de dossiers qui reflètent la nature des complexités auxquelles pourraient être confrontées toutes éventuelles modalités transitoires.

Par Hassan Benadad
Le 04/10/2026 à 18h15