À l’occasion de la présentation du projet de budget de son département au titre de l’exercice 2027 devant la Commission de l’Intérieur de la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a esquissé les contours d’une stratégie territoriale articulée autour de la résilience logistique, de la consolidation budgétaire des collectivités et de la relance de l’investissement public déconcentré. Au cœur de cette feuille de route, figure la concrétisation du chantier royal relatif aux plateformes régionales de stockage stratégique, un investissement global de 7,6 milliards de dirhams conçu pour parer aux chocs exogènes, garantir la sécurité d’approvisionnement en produits de première nécessité et sécuriser les chaînes d’intervention d’urgence à l’échelle des douze régions du Royaume, rapporte le quotidien L’Économiste dans son édition de ce lundi 9 novembre.
Ce dispositif infrastructurel lourd, adossé à un programme technique de 36 entrepôts et 18 abris, intègre une dimension de digitalisation et de gouvernance moderne à travers le déploiement d’un système d’information unifié, interconnecté par fibre optique et sécurisé par des dispositifs de télésurveillance, visant à optimiser la gestion des flux logistiques et la maîtrise des coûts opérationnels publics. Sur le plan de la finance publique locale et de l’architecture institutionnelle, l’année 2027 marquera un tournant décisif avec le rehaussement substantiel des transferts financiers de l’État vers les régions, dont le plafond annuel passera de 10 à 12 milliards de dirhams. Cette revalorisation budgétaire s’accompagnera d’une refonte de la loi organique relative aux régions, actant une redéfinition des compétences propres et partagées pour stimuler la valeur ajoutée locale et introduisant la possibilité pour les présidents de région de présider des sociétés anonymes destinées à se substituer aux agences régionales d’exécution des projets, dans une optique d’efficacité managériale et d’efficience de la dépense publique.
Cette dynamique de développement territorial intégré, qui a déjà mobilisé plus de 86.000 acteurs locaux à travers des diagnostics axés sur les indicateurs socio-économiques, s’inscrit dans une quête de réduction des disparités spatiales en ciblant prioritairement l’infrastructure hydraulique, scolaire, sanitaire et routière, lit-on dans L’Économiste.
L’effort d’investissement public se traduit également par le financement ciblée de programmes d’hygiène et de sécurité sanitaire des territoires, à l’instar du programme national de création de 130 bureaux communaux d’hygiène ciblant plus de 1.270 collectivités pour un coût de 1,38 milliard de dirhams, dont une contribution ministérielle directe de 790,5 millions de dirhams. Parallèlement, des enveloppes budgétaires spécifiques ont été allouées à la sécurité sanitaire et environnementale, comprenant 43 millions de dirhams pour la lutte contre les maladies, 38 millions de dirhams pour la structuration d’un réseau de plus de 30 centres dédiés à la gestion des animaux errants et au soutien de complexes vétérinaires mobiles, ainsi que 90 millions de dirhams mobilisés pour l’acquisition de vaccins et de sérums antirabiques.
La séquence budgétaire 2027 se double d’un enjeu électoral et organisationnel majeur, marqué par l’ouverture de concertations politiques et syndicales dès la fin du mois d’octobre pour finaliser l’architecture juridique et financière des scrutins à venir, garantissant ainsi la stabilité institutionnelle requise pour porter les réformes structurelles et les grands chantiers d’investissement du pays.




