La question de l’approvisionnement en médicaments essentiels a occupé une place centrale lors de la séance des questions orales tenue ce lundi 1er juin au Parlement. Face aux inquiétudes exprimées par des députés concernant les ruptures récurrentes de certains traitements, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a détaillé les actions engagées par son département pour sécuriser le marché pharmaceutique national.
Lors de la séance, Mohamed Touimi Benjelloun, député du Parti authenticité et modernité (PAM), a attiré l’attention sur l’absence, parfois constatée en pharmacie, de plusieurs médicaments jugés indispensables, notamment l’insuline, les traitements contre l’hypertension, la thyroïde ou encore les psychotropes. Une préoccupation qui touche, selon lui, un grand nombre de citoyens marocains confrontés à des difficultés d’accès à certains traitements.
En réponse, Amine Tahraoui a reconnu l’existence de tensions ponctuelles sur le marché pharmaceutique. «Il est vrai que les ruptures de certains médicaments constituent aujourd’hui un défi, non seulement pour notre pays mais également pour de nombreux systèmes de santé à travers le monde», a déclaré le ministre. Selon lui, cette situation s’explique notamment par les perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales et par l’augmentation de la demande sur certains médicaments vitaux.
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Le ministre a mis en avant le rôle de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), créée il y a un peu plus d’un an. «Cette agence commence aujourd’hui à produire des résultats concrets, notamment à travers l’élaboration et l’actualisation de la liste nationale des médicaments essentiels», explique-t-il. Cette démarche permet, selon lui, de mieux définir les priorités en matière d’approvisionnement et d’assurer la continuité de la disponibilité des traitements essentiels.
Amine Tahraoui a également souligné la mise en place d’un système de veille et de suivi du marché pharmaceutique. «Ce dispositif repose sur une surveillance proactive de l’état des approvisionnements et permet une intervention rapide dès qu’une perturbation est détectée», précise-t-il, évoquant une coordination étroite entre le ministère, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé et les acteurs de l’industrie pharmaceutique.
Par ailleurs, le responsable a indiqué que son département poursuit les efforts de modernisation de la gouvernance du secteur à travers la numérisation des procédures d’enregistrement et d’autorisation des médicaments. «L’objectif est d’améliorer la transparence, de réduire les délais administratifs et de renforcer l’efficacité du marché national», ajoute-t-il.
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Le ministre a également insisté sur l’accélération de la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté pharmaceutique du Royaume. Celle-ci repose notamment sur le soutien à la production locale, la promotion des médicaments génériques et l’attraction de nouveaux investissements dans les industries pharmaceutiques à forte valeur ajoutée.
«Notre objectif aujourd’hui est de passer d’une gestion des ruptures à un système plus anticipatif et plus robuste en matière d’approvisionnement», affirme le ministre. «Nous poursuivrons progressivement ce chantier afin de renforcer la préparation du système et d’améliorer la sécurité pharmaceutique nationale», conclut-il.
Lors de son intervention, le député Mohamed Touimi Benjelloun a également plaidé pour davantage de traçabilité dans la distribution des médicaments. Il a notamment proposé la mise en place d’une plateforme numérique permettant aux citoyens de vérifier en temps réel la disponibilité de certains traitements dans les pharmacies, une solution qui pourrait s’avérer utile surtout dans les zones rurales, où l’accès à l’information reste parfois limité.




