À mesure qu’approche la date des élections législatives, prévues le 23 septembre, les partis politiques ont ouvert la «bourse» des parrainages aux candidats potentiels. Dans les coulisses des grandes formations, des mouvements s’organisent pour séduire les détenteurs de l’argent électoral et les notables locaux, autrement dit les figures qui ont occupé le devant de la scène politique pendant des décennies.
Les investitures ne relèvent plus aujourd’hui d’une simple formalité organisationnelle. Elles sont devenues un véritable test de crédibilité du discours partisan, un révélateur des limites de l’engagement des partis en faveur de la démocratie interne, ainsi que de leur capacité à renouveler leurs élites, écrit l’éditorialiste d’Al Akhbar de ce week-end (6 et 7 juin). Alors que les élections pourraient constituer une occasion privilégiée d’insuffler un sang nouveau dans les assemblées, plusieurs partis semblent avoir choisi de parier une fois encore sur les mêmes visages. Ces derniers transitent d’une formation à l’autre, en quête d’un parrainage ou d’une place en tête de liste, dans un mouvement qui reflète la crise profonde de la vie partisane nationale.
À l’approche du scrutin, certains partis se muent ainsi en espaces de simple recyclage des mêmes élites, sans égard pour leur bilan politique, leur capacité à apporter une valeur ajoutée à l’action législative ou leur aptitude à gérer les affaires publiques. Cette situation met au jour un dysfonctionnement structurel au sein d’organisations censées être des écoles de formation citoyenne, des viviers d’encadrement et des creusets pour les dirigeants de demain. Ce malaise aggrave la crise de confiance des citoyens et nourrit le sentiment que les élections ne sont plus qu’une opération de permutation des rôles entre les mêmes acteurs.
Pourtant, la réussite de toute expérience démocratique demeure tributaire de la capacité des partis à renouveler leurs élites et à ouvrir la voie aux compétences jeunes, plutôt qu’à se contenter de recycler, tous les cinq ans, les mêmes noms. Le Maroc a besoin d’élites politiques compétentes, intègres et visionnaires, capables d’apporter des réponses véritables aux défis du pays, et non de persister dans la logique de la transhumance politique et des «figures brûlées», qui ne fait que renforcer le statu quo, note Al Akhbar.
Face aux défis qui attendent le Maroc dans les années à venir, le plus grand test pour les partis ne consiste plus seulement à conquérir des sièges, mais à prouver leur capacité à produire une nouvelle génération de dirigeants politiques, aptes à conduire la gestion des affaires publiques. Maintenir le recyclage des mêmes figures ne ferait qu’aggraver la crise de confiance et élargir le fossé déjà béant entre la politique et les citoyens.




