Après l’adoption, en seconde lecture par la Chambre des représentants, du projet de loi régissant la profession d’avocat, l’Association des barreaux du Maroc (ABM) a opté pour l’escalade. Estimant que le texte validé au Parlement «va à l’encontre des garanties d’indépendance de la défense et des acquis démocratiques du pays», relaie Al Akhbar de ce jeudi 9 juillet, l’ABM a décidé «de poursuivre sa bataille et d’élargir ses formes de protestation contre le projet en question». Dans une déclaration rendue publique à cette occasion, le président de l’ABM, El Houcine Ziani, a affirmé que les avocats avaient décidé d’«entamer une escalade sans précédent», en rejetant le texte validé qu’il a qualifié d’«atteinte législative à la profession et à ses acquis historiques».
Il a indiqué que «l’ABM, qui rejette catégoriquement ce cadre législatif qui porte atteinte à l’indépendance de la profession, poursuivra sa grève et la suspension totale des services professionnels à l’échelle nationale, en plus du maintien de l’arrêt complet des prestations relevant de l’assistance judiciaire», précisant qu’«en observant un sit-in permanent devant le siège de l’institution législative à Rabat, les avocats ont décidé de décentraliser leur mobilisation avec l’organisation des mouvements de protestation dans les régions». Le quotidien relaie le fait qu’en plus de cette grève d’une durée illimitée et de différentes formes de protestation, «l’ABM a décidé de donner une dimension internationale au dossier» et, par conséquent, «les revendications liées à ces réformes seront portées devant des institutions internationales de défense des droits des avocats», indique la même source.
De même, indique Al Akhbar, «le siège de l’ABM à Rabat compte accueillir une rencontre internationale avec la participation des organisations étrangères de défense des droits humains et des droits des avocats, en vue de débattre de la question de l’indépendance de la profession d’avocat au Maroc». Plus encore, relaie le quotidien, «l’ABM envisage d’inscrire cette problématique à l’ordre du jour du Congrès mondial de l’Union internationale des avocats (UIA), prévu à Marrakech en octobre prochain, dans le but d’obtenir le soutien des instances professionnelles internationales». Le quotidien précise que «l’ensemble des assemblées générales {des Barreaux régionaux du Maroc, Ndlr] ont été reportées, pour se focaliser sur ce mouvement de contestation qui se durcit de plus en plus, en attendant une réunion d’évaluation prévue par le bureau [national] de l’association, le 20 juillet 2026».




