La commune de Casablanca s’apprête à lancer les premières interventions de sa police de l’hygiène dès la fin de la période transitoire. Ce dispositif vise à instaurer un contrôle rigoureux des incivilités liées à l’abandon de déchets, en dehors des horaires et des emplacements prescrits, ainsi qu’à réprimer les pratiques des récupérateurs informels qui persistent à refuser toute forme d’intégration.
«Depuis plusieurs mois, la métropole assiste à une recrudescence des chiffonniers autour des bennes à ordures», rapporte Assabah dans son édition du jeudi 9 juillet. Actifs durant la nuit et aux premières lueurs du jour, ces derniers y prélèvent tout ce qui est recyclable: plastique, verre, carton, mais aussi pain rassis, dans une indifférence totale aux règles élémentaires de salubrité.
Face à cette situation, la commune se heurte à d’importantes difficultés pour faire appliquer les clauses du nouveau cahier des charges, tout en devant relever le défi de l’exemplarité à l’horizon 2030. Parmi les principaux obstacles figurent quelque 700 récupérateurs, dont la grande majorité oppose un refus catégorique aux propositions d’encadrement au sein d’associations ou de coopératives, voire à leur intégration dans les deux sociétés de gestion déléguée récemment attributaires du marché.
Ahmed Afilal, vice-président de la mairie, souligne que «cette population pose un triple problème. Social, d’abord, car elle travaille dans des conditions indignes. Professionnel, ensuite, puisqu’elle évolue en dehors de tout cadre légal. Environnemental, enfin, dans la mesure où le tri anarchique qu’elle pratique génère un désordre permanent sur les artères et les boulevards, contraignant les agents de nettoyage à fournir des efforts supplémentaires pour rétablir une propreté aussitôt compromise».
Dans ce contexte, la commune a imposé aux sociétés candidates à la gestion déléguée l’obligation de recruter, en cas d’attribution du marché, des dizaines de ces chiffonniers au sein de leurs effectifs. Ahmed Afilal assure que «ce dossier est traité avec la plus grande fermeté, pour toutes les raisons évoquées, tout en reconnaissant que les démarches de sensibilisation, qu’il s’agisse de l’adhésion à des coopératives, à des associations ou de l’adoption du statut d’entrepreneur individuel, sont restées, pour l’heure, sans écho favorable »
«Il insiste néanmoins sur l’urgence d’agir, rappelant que l’enjeu environnemental ne souffre aucun retard», rapporte Assabah. C’est pourquoi la commune étudie activement la mise en œuvre de la police de l’hygiène, conçue comme un levier répressif et dissuasif, assorti d’un système d’amendes pour chaque infraction constatée.




