Économie circulaire: la feuille de route fin prête

Le CESE plaide pour une stratégie nationale visant la transition vers une économie circulaire à travers notamment, le recyclage. 

Le Maroc accélère sa mutation vers un modèle de développement plus durable, à la croisée des transitions écologique et industrielle. Viviane Monconduit - Pixabay

Revue de presseLe Maroc s’apprête à franchir un cap décisif dans sa transition écologique et industrielle. Sous la houlette de l’ONUDI et en partenariat avec l’Union européenne, l’élaboration de la stratégie nationale pour l’économie circulaire s’accélère, avec une finalisation attendue d’ici à la fin de l’année. Porté par des initiatives concrètes, comme le recyclage des batteries automobiles, ce nouveau modèle économique ambitionne de rompre avec le schéma industriel traditionnel afin de stimuler l’emploi local, l’innovation et la souveraineté économique du Royaume. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 08/07/2026 à 20h56

Le processus d’élaboration de la feuille de route nationale sur l’économie circulaire au Maroc entre dans sa phase finale. La représentation locale de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), qui pilote ce projet, s’est engagée à remettre sa version finale avant la fin de l’année. «Cet engagement fait suite à la réunion de lancement tenue il y a treize mois entre le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, plusieurs institutions marocaines clés et la délégation de l’Union européenne», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 9 juillet.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme mondial «SWITCH to Circular Economy Value Chains», cofinancé par l’Union européenne et la Finlande. Elle vise à doter le Royaume d’un plan stratégique et opérationnel destiné à accélérer la transition vers un modèle économique plus durable, fondé sur la réduction des déchets, l’optimisation des ressources ainsi que la durabilité de la production et de la consommation.

Dans cette dynamique, l’ONUDI-Maroc a franchi une étape importante en présentant récemment une étude sur le recyclage des batteries automobiles. Cette filière est jugée hautement stratégique pour le pays, car elle est directement liée aux enjeux de décarbonation, d’innovation, de compétitivité, de gestion des métaux critiques et de souveraineté industrielle. «L’essor actuel des gigafactories sur le territoire national offre des opportunités prometteuses d’intégration locale, qui font d’ailleurs déjà l’objet d’un projet pilote dont les conclusions alimenteront la feuille de route globale», souligne L’Economiste.

Conformément au cahier des charges, l’élaboration de cette stratégie nationale passera par plusieurs étapes techniques et participatives. Elle débutera par un diagnostic approfondi des pratiques actuelles de l’économie circulaire au Maroc, complété par un benchmark international. S’ensuivront de larges consultations avec les acteurs publics et privés afin de co-construire des objectifs communs et d’identifier les secteurs prioritaires.

Enfin, le projet prévoit la mise en place de mécanismes de transition financière et institutionnelle, ainsi que l’établissement d’un cadre d’évaluation précis. Ce processus se veut pleinement inclusif, en associant les TPME, les multinationales, les collectivités territoriales et la société civile.

L’enjeu de cette transition est de rompre définitivement avec le modèle linéaire traditionnel, fondé sur l’extraction, la fabrication et le gaspillage, afin de privilégier, à long terme, le partage, la réparation et le recyclage.

Sur le plan environnemental, cette approche permet de réduire la pollution, de limiter la pression exercée sur les matières premières, comme l’eau et les minerais, et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Sur le plan économique, le modèle circulaire constitue un important levier de création d’emplois, les activités de réparation et de collecte nécessitant une main-d’œuvre locale importante. Il stimule également l’innovation managériale en incitant les entreprises à vendre des services plutôt que des biens, tout en renforçant l’indépendance du pays vis-à-vis des importations de matières premières.

Par La Rédaction
Le 08/07/2026 à 20h56