Un nouveau front de contestation s’ouvre entre les pharmaciens marocains et le ministère de la Santé et de la Protection sociale. À l’origine de cette discorde, le projet de décret modifiant et complétant le texte relatif à la fixation des prix des médicaments fabriqués localement ou importés, inscrit à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement. La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc est immédiatement montée au créneau, qualifiant cette initiative de décision unilatérale qui risque d’exacerber la crise sectorielle et de provoquer une nouvelle vague de tensions au sein de la profession, écrit le quotidien Al Akhbar de ce jeudi 9 juillet.
La colère du corps professoral repose principalement sur ce qu’il qualifie de volte-face du ministère vis-à-vis de l’approche participative et des principes de bonne gouvernance. Selon la confédération, le projet de décret a été transmis au Conseil de gouvernement sans que d’importants amendements formulés par les représentants de la profession, lors de quatre réunions officielles préalables, n’aient été intégrés. Les pharmaciens dénoncent des consultations de pure forme, servant uniquement à légitimer une décision déjà prise à l’avance par le ministère de la Santé.
Pourtant, le syndicat affirme avoir soumis un mémorandum contenant des propositions concrètes destinées à trouver un équilibre délicat: baisser le prix des médicaments pour les citoyens, tout en préservant la viabilité économique de milliers d’officines, jugées aujourd’hui dans une situation financière critique. Parmi ces suggestions, figurait l’instauration de mesures d’accompagnement parallèles pour corriger les déséquilibres créés par le décret actuel et assurer la pérennité du secteur, lit-on dans Al Akhbar.
Face à ce qu’ils considèrent comme un dialogue de sourds et une volonté d’imposer des réformes sans consensus, les pharmaciens rappellent que ce conflit s’inscrit sur le long terme. Pour protester contre l’absence d’une vision globale capable de résoudre les problèmes structurels de l’officine au-delà des simples solutions partielles, la confédération prévoit d’organiser un sit-in devant le ministère de la Santé, le 9 septembre prochain. Les professionnels imputent à leur ministère de tutelle l’entière responsabilité des retombées de ce texte, qui pourrait menacer la stabilité du réseau pharmaceutique national et, par extension, la sécurité sanitaire du pays, rappelant que l’accès des citoyens aux traitements dépend intrinsèquement de la viabilité des officines.




