Le Conseil des pharmaciens du Sud alerte sur les dérives publicitaires en ligne

La Coupe d'Hygie, caducée officiel des pharmaciens.

Revue de presseDevant la multiplication des conseils thérapeutiques et des contenus à caractère promotionnel sur les plateformes numériques, l’instance ordinale rappelle à l’ordre les professionnels de l’officine. Tout en saluant l’intérêt de la sensibilisation digitale, elle souligne l’obligation stricte de respecter la déontologie, l’anonymat des patients et les règles encadrant la publicité des produits de santé, sous peine de sanctions disciplinaires. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 24/06/2026 à 19h12

Le Conseil régional des pharmaciens du Sud a fermement appelé les professionnels du secteur à faire preuve de vigilance, de prudence et d’un respect strict de la déontologie lors de leurs interventions sur les réseaux sociaux. Cette instance insiste sur la nécessité absolue pour les pharmaciens d’adhérer aux principes fondamentaux de leur métier afin de préserver la sécurité des patients, de maintenir la confiance des citoyens et de protéger l’image de la profession, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 25 juin.

Via une circulaire de rappel, le Conseil a tenu à mettre en garde contre les dérives constatées ces derniers mois. Certains contenus publiés sur les plateformes numériques sont en effet susceptibles de nuire à la sécurité des malades ou de ternir la réputation de la corporation. L’organisation critique la prolifération de conseils thérapeutiques dépourvus de fondements scientifiques solides, la diffusion d’informations inexactes ou trompeuses concernant les médicaments et les produits de santé, ainsi que des pratiques assimilables à de la publicité illégale.

La note rappelle que «toute communication d’un pharmacien doit s’inscrire en conformité stricte avec les dispositions de la loi 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie, ainsi qu’avec le code de déontologie. Le pharmacien est tenu d’exercer sa mission avec intégrité, indépendance et responsabilité, et doit s’abstenir de tout comportement ou acte, y compris lors de ses sorties sur les réseaux sociaux, pouvant porter atteinte à l’honneur de la profession», lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Sur le plan réglementaire, le document précise que «la publicité pour les médicaments et produits de santé est soumise à un encadrement rigide. Toute réclame destinée au grand public requiert l’autorisation préalable de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé». En revanche, la communication adressée exclusivement aux professionnels de la santé reste soumise aux procédures réglementaires d’usage. Le Conseil souligne que «la notion de publicité ne se limite pas aux messages commerciaux traditionnels, mais englobe tout contenu présenté sous forme de témoignage, de conseil, de présentation explicative ou même de contenu éducatif diffusé sur Internet, dès lors qu’il vise, de manière directe ou indirecte, à promouvoir un médicament ou un produit de santé».

Par ailleurs, l’autorité ordinale rappelle que la responsabilité du pharmacien s’étend au-delà de ses propres publications. Le titulaire de l’officine est juridiquement responsable des contenus, déclarations et publications diffusés par le personnel et les assistants qu’il emploie. Pour autant, le Conseil régional des pharmaciens du Sud clarifie sa position en précisant qu’il «ne s’oppose pas à l’usage des réseaux sociaux par les professionnels. Au contraire, il encourage les initiatives visant l’éducation sanitaire, la prévention, le bon usage des médicaments ou la valorisation du rôle du pharmacien dans le parcours de soins. Toutefois, cette présence en ligne reste conditionnée par un respect total du professionnalisme, de l’objectivité et de la rigueur scientifique, loin de toute velléité commerciale ou promotionnelle».

Il est aujourd’hui manifeste que des plateformes telles que Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn et YouTube sont devenues des espaces d’expression de plus en plus investis par les professionnels de la santé pour délivrer des conseils et des orientations de manière régulière et intensive, signale le quotidien, qui précise que bien que ces outils représentent une opportunité majeure pour la sensibilisation et l’éducation sanitaire des patients et de leurs proches, le Conseil avertit qu’«un manquement aux règles déontologiques et à l’éthique médicale peut produire des effets totalement inverses et préjudiciables à la santé publique».

Par La Rédaction
Le 24/06/2026 à 19h12