La néobanque britannique Revolut a exprimé son intérêt pour le marché marocain, mais le moment est inopportun pour son éventuelle implantation. C’est ce qu’a indiqué le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, lors du point de presse tenu ce mardi 23 juin à l’issue de la réunion trimestrielle du Conseil de la Banque centrale.
Interrogé sur l’intérêt manifesté par Revolut pour le Maroc, le patron de BAM a révélé avoir reçu, au début du mois de juin, les dirigeants de la fintech, accompagnés d’un représentant marocain.
Le wali de Bank Al-Maghrib a précisé que les responsables de cette banque numérique ont exprimé leur intérêt pour le marché marocain sans pour autant évoquer une demande d’agrément. Ils ont justifié cette démarche par les perspectives de développement et de croissance offertes par le Royaume ainsi que par sa position de porte d’entrée vers l’Afrique.
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Face à cet intérêt, le gouverneur de la Banque centrale leur a expliqué que plusieurs dossiers stratégiques occupaient actuellement les autorités marocaines et ne permettaient pas d’envisager favorablement leur projet dans l’immédiat.
Le premier de ces dossiers concerne la réglementation européenne encadrant la présence des banques étrangères au sein de l’Union européenne. Abdellatif Jouahri a rappelé que le Maroc est actuellement engagé dans des discussions avec les pays européens où les Marocains résidant à l’étranger sont très présents afin que l’application de cette directive ne porte pas préjudice à leurs transferts vers le Maroc.
Trois chantiers prioritaires pour BAM
Le wali a précisé que cette question est en voie de résolution, mais qu’elle n’est pas encore définitivement réglée et note que Bank Al-Maghrib concentre ses efforts sur ce dossier considéré comme prioritaire.
Le deuxième chantier concerne une évaluation prévue en fin d’année par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Le troisième consiste en une évaluation qui sera menée au Maroc dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI), organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
«Nous sommes pris dans le cadre de tous ces chantiers», a résumé Abdellatif Jouahri, justifiant ainsi les réserves exprimées à l’égard d’une arrivée dans l’immédiat de Revolut sur le marché marocain.
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Le gouverneur de BAM a également souligné que la néobanque s’intéressait à une catégorie spécifique d’opérations, à savoir les services bancaires numériques, un segment sur lequel les acteurs marocains sont déjà fortement positionnés.
Selon Abdellatif Jouahri, les représentants de Revolut ont compris les contraintes exposées par Bank Al-Maghrib et ont reconnu que le contexte actuel n’est pas favorable à leur implantation au Maroc.
À l’issue de cette rencontre, les dirigeants de la fintech britannique ont indiqué qu’ils reviendraient prendre attache avec les autorités marocaines dans quelques années, lorsque les conditions seront jugées plus propices.




