Pharmaciens: Driss Benhima en renfort pour affiner la riposte au Conseil de la concurrence

Driss Benhima.. MAP

La mobilisation des pharmaciens franchit un nouveau cap. Entre prudence vis-à-vis des annonces officielles, notamment sur la question sensible de l’ouverture du capital des officines, et volonté de peser dans le débat, la profession confie à Driss Benhima une étude stratégique pour défendre ses positions et structurer une réponse argumentée aux recommandations du Conseil de la concurrence.

Le 09/05/2026 à 11h29

Malgré les propos rassurants du ministre de la Santé, Amine Tahraoui, affirmant devant le Parlement qu’«aucune réforme du secteur ne sera menée sans concertation avec les professionnels concernés» et que «l’ouverture du capital des pharmaciens n’est pas à l’ordre du jour», une certaine méfiance persiste au sein de la profession. Les pharmaciens, échaudés par les recommandations du Conseil de la concurrence, restent prudents et attentifs quant à la concrétisation de ces engagements.

Le sit-in massif organisé le 9 avril dernier devant le siège du Conseil de la concurrence, ayant réuni près de 5.000 pharmaciens, illustre l’ampleur de la contestation. Une mobilisation qui traduit une opposition ferme aux orientations proposées, perçues comme une menace pour l’équilibre du secteur et l’indépendance de l’officine.

Dans ce contexte tendu, les organisations représentatives de la profession maintiennent la pression et affinent leur riposte. Dernier développement en date: les pharmaciens ont fait appel aux services de Driss Benhima et de son cabinet Linkers Advocacy pour la réalisation d’une étude stratégique.

Cette étude se veut une réponse structurée et argumentée au rapport du Conseil de la concurrence. La signature du contrat y afférent a été actée hier, vendredi 8 mai, entre le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, le Dr Hamza Guedira, et Driss Benhima, marquant une nouvelle étape dans la mobilisation de la profession.

Pour les représentants des pharmaciens, cette initiative traduit une volonté claire de privilégier une approche institutionnelle et fondée sur l’expertise. «Cette démarche scientifique et argumentée, portée par la profession elle-même, vise à défendre l’indépendance du pharmacien, la pérennité de l’officine et l’équilibre du système pharmaceutique national», a souligné Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué publié samedi matin, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens précise que cette mission vise à doter la profession d’une approche structurée et documentée afin d’apporter ses contributions aux réformes majeures qui traversent actuellement le secteur pharmaceutique marocain. Celles-ci incluent notamment la révision du décret de tarification des médicaments, la généralisation de la couverture sanitaire, l’avis A/6/25 du Conseil de la concurrence relatif à la distribution des médicaments, le débat sur l’ouverture du capital des officines, ainsi que la mise en œuvre de la loi 98.18.

Le communiqué insiste également sur la nature «propositionnelle et constructive» de cette démarche. Il ne s’agit pas, souligne-t-il, de défendre des intérêts catégoriels étroits, mais de contribuer, par une expertise rigoureuse et la connaissance intime du secteur détenue par les quelque 14.000 pharmaciens du Royaume, aux réformes en cours. L’objectif affiché est aussi de faire entendre la voix des pharmaciens dans les instances où se prennent les décisions structurantes pour le secteur.

Cette approche repose, selon la même source, sur une conviction centrale: les intérêts de la profession et ceux du citoyen convergent autour d’un même impératif, celui de garantir un accès sûr, équitable et durable au médicament.

La mission confiée à Driss Benhima poursuit trois objectifs complémentaires. Elle consiste d’abord à construire un dossier documentaire solide, fondé sur une analyse factuelle du secteur et des comparaisons internationales. Elle vise ensuite à identifier les arguments et leviers d’action les plus pertinents auprès des institutions et des décideurs publics. Enfin, elle doit accompagner le Conseil dans le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes du domaine du médicament.

Dans le même esprit, la démarche entend préserver quatre équilibres jugés essentiels: l’accessibilité économique du médicament pour les citoyens, la viabilité du réseau officinal et son maillage territorial, le bon fonctionnement concurrentiel du marché pharmaceutique, ainsi que la modernisation de la gouvernance du secteur.

Par La Rédaction
Le 09/05/2026 à 11h29