Maroc-Égypte: le duel des géants du tourisme africain

Des touristes à Marrakech.

Revue de pressePortés par une année 2025 historique, au cours de laquelle les deux pays ont frôlé la barre des 20 millions de visiteurs, Rabat et Le Caire s’engagent dans une course au leadership touristique. Si le Maroc devance légèrement son rival en volume d’entrées et mise sur la montée en gamme en vue de la Coupe du monde 2030, l’Égypte conserve l’avantage en matière de recettes par visiteur et domine largement le développement hôtelier continental. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 24/06/2026 à 20h14

Le Maroc et l’Égypte ont enregistré des performances touristiques historiques en 2025, approchant chacun le seuil des 20 millions de visiteurs. Le ministère du Tourisme marocain a fait état de 19,8 millions d’arrivées, soit une hausse de 14% par rapport à 2024. De son côté, l’Égypte a comptabilisé 19 millions de visiteurs, affichant une progression de 2% sur un an. «Lors des bilans officiels présentés début janvier 2026, la ministre marocaine Fatim-Zahra Ammor a souligné la consolidation de la position du Royaume en Afrique, tandis que son homologue égyptien, Sherif Fathy, a mis en avant une croissance supérieure à la moyenne mondiale», relate le magazine Jeune Afrique.

Sur le plan financier, les stratégies des deux pays diffèrent. Le Maroc s’oriente vers la montée en gamme, avec des recettes touristiques s’élevant à 138 milliards de dirhams (environ 13 milliards d’euros) en 2025, en hausse de 21% sur un an et représentant près de 7% du PIB. Toutefois, l’Égypte conserve un avantage en termes de rentabilité par visiteur, avec une dépense moyenne de 1.000 dollars par touriste, contre 741 dollars pour le Maroc, générant ainsi un excédent global de près de 4 milliards de dollars pour Le Caire.

Selon Trevor Ward, directeur général de W Hospitality Group, cette disparité s’explique par le statut de hub commercial et diplomatique du Caire ainsi que par l’attrait des stations de la mer Rouge, alors que le Maroc reste fortement dépendant des marchés européens de masse, les flux en provenance de France et d’Espagne ayant représenté 50% de ses entrées en 2025.

«En matière de développement hôtelier, l’Afrique du Nord concentre la moitié des projets du continent à l’aube de 2026, avec 284 hôtels et 62.630 chambres en cours de développement», écrit Jeune Afrique. L’Égypte domine ce segment avec 185 projets totalisant 45.984 chambres, soit plus de 37% du pipeline africain et près de quatre fois la capacité en développement du Maroc. La dynamique égyptienne se concentre principalement dans la région du Grand Caire, qui regroupe 22.111 chambres réparties sur 88 projets, portés par des chaînes internationales telles qu’Accor, Marriott, Hilton et IHG. Les projets sur le littoral méditerranéen et de la mer Rouge bénéficient par ailleurs d’investissements en provenance du Golfe (Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite), estimés à 85 milliards de dollars, visant un objectif de 30 millions de touristes d’ici 2030.

Le Maroc dispose, quant à lui, d’un pipeline de 75 hôtels et 10.606 chambres, en croissance de 23,6% sur un an, et se distingue par un taux de concrétisation supérieur, avec 64,7% des chambres déjà en construction contre 51,4% pour l’Égypte. Le Royaume s’appuie sur son parc hôtelier existant à Marrakech, Agadir et Casablanca, et anticipe l’impact de l’organisation de la Coupe du monde 2030 pour stimuler sa croissance.

«Le développement des liaisons aériennes s’avère stratégique pour soutenir ces flux», souligne Jeune Afrique. Royal Air Maroc, dirigée par Abdelhamid Addou, prévoit de quadrupler sa flotte d’ici 2037 afin de passer de 60 à 200 appareils et d’ouvrir une centaine de nouvelles destinations internationales. La compagnie marocaine s’appuie également sur son intégration au sein de l’alliance mondiale Oneworld depuis 2020. En Égypte, le gouvernement prévoit d’ajouter 30 avions à la flotte actuelle d’EgyptAir (68 appareils) à l’horizon 2031, tout en s’appuyant sur les vols charters vers les stations balnéaires et sur son ancrage historique au sein du réseau Star Alliance.

Par La Rédaction
Le 24/06/2026 à 20h14