Les autorités locales ont lancé, le lundi 22 juin 2026, l’opération de démolition du douar Abdellah Belhaj, l’un des plus anciens bidonvilles à Casablanca. Dès les premières heures de la matinée, les bulldozers ont commencé à raser les baraques qui composent ce site situé le long du littoral d’Aïn Sebaâ.
Sur place, plusieurs familles se sont rassemblées pour jeter un dernier regard sur leurs habitations avant leur transformation en amas de gravats. Une scène chargée d’émotion pour des résidents qui ont passé l’essentiel de leur vie dans ce quartier informel.
Parmi eux, Abdelghani, octogénaire, affirme avoir élu domicile dans le douar il y a près de cinquante ans. Selon lui, le site accueillait à l’origine des ouvriers et des familles de la classe ouvrière employée dans les usines créées durant la période du protectorat français.
Il se souvient également que de nombreux travailleurs du port de Casablanca ainsi que des employés des industries textiles vivaient dans ce bidonville, dont l’apparition remonterait, selon ses estimations, à plus de huit décennies.
1.391 familles à reloger
D’après les données communiquées par les autorités locales, l’opération de démolition porte sur près de 800 baraques. Le programme prévoit le relogement progressif de 1.391 familles dans des appartements relevant d’un nouveau projet résidentiel baptisé «Abraj City», situé dans l’arrondissement de Moulay Rachid.
La démolition du douar Abdellah Belhaj marque ainsi la fin d’une page de l’histoire sociale d’Aïn Sebaâ. En effet, pendant plusieurs décennies, ce bidonville a accompagné le développement industriel du quartier en accueillant des générations d’ouvriers venus travailler dans les usines et les infrastructures portuaires de Casablanca.




