Institutions représentatives, dialogue politique et perspectives économiques. Pour Youssef Amrani, ambassadeur du Maroc aux États-Unis, la stabilité de l’Amérique latine repose sur ces trois piliers. Le diplomate marocain a développé cette vision dans un entretien accordé à NTN24, à l’occasion de la première édition des «Journées du Maroc à Miami». Interrogé sur les crises politiques qui traversent la région, il a insisté sur «le respect de la souveraineté» et de «l’intégrité territoriale des États», tout en appelant à l’organisation d’élections «crédibles et respectées par tous».
Amrani a établi un lien étroit entre légitimité politique et développement économique. Selon lui, la participation des jeunes, des femmes et des hommes à la vie publique doit aller de pair avec la possibilité de contribuer à la croissance et à la prospérité. «Ce sont les deux faces d’une même médaille», a-t-il affirmé à propos du développement politique et économique. Le diplomate a également rejeté toute ingérence dans les affaires intérieures des États, présentant le dialogue et la démocratie comme des conditions essentielles à une stabilité durable.
La défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale constitue également l’un des fondements de la position marocaine sur le Sahara. Si Youssef Amrani n’a pas directement abordé ce dossier au cours de l’entretien, les principes qu’il a défendus occupent une place centrale dans la diplomatie du Royaume. Son expérience en Amérique latine donne d’ailleurs un relief particulier à ses propos. Le diplomate a rappelé avoir été ambassadeur en Colombie il y a plus de vingt ans. Or, en août dernier, Bogotá a annoncé le gel de ses relations avec la pseudo-Rasd et reconnu la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris le Sahara.
Les regards se tournent vers le Venezuela
Interrogé plus particulièrement sur la situation au Venezuela, Youssef Amrani a estimé que «toute élection est une bonne chose» et qu’«il n’y a pas d’autre voie que la démocratie».
Ces déclarations prennent une dimension particulière au regard des évolutions diplomatiques autour du Sahara marocain. En mai dernier, Caracas avait réaffirmé son soutien à la pseudo-Rasd.
Toutefois, selon des sources proches du dossier consultées par Le360, le Venezuela pourrait figurer parmi les prochains pays à se rapprocher de l’initiative marocaine d’autonomie. Dans ce contexte, les propos de l’ambassadeur marocain sur la nécessité du dialogue et de processus électoraux crédibles s’inscrivent dans une réflexion plus large sur les équilibres politiques latino-américains, alors que Rabat poursuit ses efforts pour élargir les soutiens à sa proposition de règlement du différend autour du Sahara.
Miami, trait d’union entre le Maroc et l’Amérique latine
Le déplacement de Youssef Amrani en Floride s’est articulé autour de trois volets complémentaires. Le premier, universitaire, avec une intervention à l’Université de Miami. Le deuxième, économique, à travers des rencontres avec des entreprises. Le troisième, communautaire, avec des activités réunissant les diasporas marocaine et latino-américaine.
L’ambassadeur a présenté Miami comme une plateforme privilégiée vers l’Amérique latine, tandis que le Maroc constitue, selon lui, une porte d’entrée stratégique vers l’Afrique et le monde arabe. Une complémentarité géographique et économique que Rabat entend mettre à profit pour développer de nouveaux partenariats entre les deux régions.
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Les perspectives évoquées concernent notamment l’industrie automobile, l’aéronautique et les échanges commerciaux, mais aussi le renforcement des liaisons transatlantiques et des contacts entre les communautés. L’exposition consacrée à l’art et à l’artisanat marocains, tout comme l’ouverture récente d’un consulat à Miami, s’inscrivent dans cette dynamique de rapprochement.
Youssef Amrani a également mis en avant la solidité des relations économiques et stratégiques entre le Maroc et les États-Unis, liés par un accord de libre-échange dont on célèbre les vingt ans.
Sur le plan intérieur, le diplomate a par ailleurs présenté l’accession d’une femme à la tête du gouvernement marocain comme une étape marquante du processus de réformes engagé par le Royaume au cours des deux dernières décennies. Il a associé cette évolution à l’élargissement de la participation politique et à la création de nouvelles perspectives économiques.
Youssef Amrani a ainsi esquissé une approche diplomatique qui associe la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, au cœur des priorités marocaines sur le Sahara, à une ambition de coopération accrue avec l’Amérique latine. Une stratégie fondée sur le dialogue politique, les échanges économiques et le rapprochement entre les sociétés, dans une région où les positions diplomatiques sur le Sahara marocain connaissent de profondes évolutions.




