Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a présidé, ce lundi à Rabat, une cérémonie diplomatique commémorant la Journée de l’Afrique.
La quasi-totalité du corps diplomatique africain accrédité à Rabat a pris part à cet événement, au cours duquel le Maroc a mis en relief les liens séculaires et historiques qui unissent le Royaume au continent africain.
Devant ses pairs africains réunis au siège du ministère des Affaires étrangères, Nasser Bourita a rappelé l’un des fondements de la politique africaine du roi Mohammed VI, à savoir «la politique de l’appartenance».
«Le Maroc ne traite pas avec l’Afrique comme s’il s’agissait d’une politique de voisinage ou d’une politique de rapprochement», a affirmé le ministre. Selon lui, le Royaume ne considère pas l’Afrique comme «un choix parmi d’autres», ni comme une simple opportunité diplomatique. Le Maroc traite avec l’Afrique à partir «d’une conviction profonde et d’un sentiment d’appartenance».
Le Maroc, a-t-il souligné, est «indissociable» de l’Afrique. Il en est une partie intégrante, et «on ne peut concevoir l’Afrique sans le Maroc et sans le Royaume du Maroc». Nasser Bourita a également rappelé que la Constitution du Royaume stipule que «la composante africaine est un élément essentiel de l’identité marocaine».
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Le ministre a ensuite souligné le rôle historique du Maroc dans les dynamiques d’unité et d’émancipation du continent. Il a rappelé que c’est à Casablanca qu’a germé la première réflexion sur la création d’une intégration africaine et d’une organisation africaine. C’est également à Rabat, a-t-il ajouté, qu’a eu lieu la première réunion «des colonies sous domination portugaise pour unifier les visions et les méthodes de lutte contre le colonialisme».
Nasser Bourita a poursuivi en citant les paroles du roi Mohammed VI: «L’Afrique est ma maison, l’Afrique est mon continent». Cette formule, a-t-il insisté, n’est pas seulement symbolique, mais traduit une réalité profonde.
Le ministre a également rappelé l’ampleur de la coopération entre le Maroc et les pays africains. Le Royaume compte aujourd’hui 1.832 accords avec les pays du continent, dont 1.472 ont été signés depuis l’avènement du roi Mohammed VI.
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Sur le plan institutionnel, le Maroc dispose aujourd’hui d’environ 25 commissions mixtes avec les pays africains et de 24 conseils d’affaires. Ces mécanismes, a-t-il expliqué, permettent de structurer la relation du Royaume avec les pays africains dans toutes les régions du continent.
Nasser Bourita a, par ailleurs, remercié l’Afrique pour son rôle dans la défense de l’intégrité territoriale du Royaume. Le continent, a-t-il affirmé, a joué «un rôle majeur pour faire face au séparatisme que certains tentent d’utiliser contre le Maroc».
Aujourd’hui, deux tiers des pays africains soutiennent l’intégrité territoriale du Royaume et appuient le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. Il s’agit, selon Nasser Bourita, «d’un message fort qui montre que le séparatisme n’a plus sa place en Afrique». C’est aussi, a-t-il ajouté, un message clair des pays africains affirmant que le Maroc et son intégrité territoriale constituent des éléments fondamentaux pour le continent.
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De son côté, le doyen du corps diplomatique africain au Maroc, Mouhamadou Youssifou, ambassadeur de la République du Cameroun à Rabat, a mis en avant la valeur que représente l’appartenance du Maroc à l’Afrique, en citant plusieurs domaines de partenariat.
Il a notamment estimé que l’Afrique gagnerait à s’inspirer de l’expertise marocaine en matière hydraulique. Il a regretté que plus de 400 millions d’Africains «vivent sans eau potable» et que plus de 700 millions d’Africains «n’aient pas accès à un assainissement de bonne qualité». Il a, à cet égard, appelé à consolider le partenariat avec le Maroc pour contribuer à résoudre cette problématique majeure.
À travers cette cérémonie, le Maroc a réaffirmé que son ancrage africain ne relève ni d’un choix tactique ni d’une conjoncture diplomatique, mais d’une appartenance historique, politique et identitaire. Une appartenance que Rabat entend traduire en partenariats concrets, en solidarité continentale et en soutien mutuel sur les grands enjeux africains.




