Huit ministres fuient les législatives de crainte d’un échec

Réunion du Conseil de gouvernement, le jeudi 30 janvier 2026, à Rabat.

Revue de presseHuit ministres et une secrétaire d’État ont choisi de ne pas se présenter au scrutin législatif, redoutant une défaite électorale et ses conséquences politiques. À l’inverse, neuf ministres et quatre secrétaires d’État ont fait le choix de l’affrontement en se lançant dans la course. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 24/05/2026 à 18h46

Au Maroc, la campagne électorale pour les législatives du 23 septembre s’annonce mouvementée. Alors que certains membres du gouvernement ont choisi de mesurer leur popularité auprès des électeurs, d’autres ont préféré éviter l’épreuve du scrutin. Selon Assabah de ce lundi 25 mai, huit ministres et une secrétaire d’État ont décidé de ne pas se présenter au scrutin, craignant «un revers électoral et les retombées d’une éventuelle défaite, synonyme de désaveu populaire».

Parmi les membres de l’équipe gouvernementale ayant opté pour cette décision, Mohamed Saad Berrada, ministre de l’Éducation nationale, Amine Tahraoui, ministre de la Santé, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi, Ryad Mezour, ministre de l’Industrie, Fatima Zahra Ammor, ministre du Tourisme, Leïla Benali, ministre de la Transition énergétique, Naïma Ben Yahia, ministre de la Solidarité, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée en charge de la Transition numérique et Zakia Driouich, secrétaire d’Etat chargée de la Pêche.

Neuf ministres et quatre secrétaires d’État ont, au contraire, fait preuve de courage politique en annonçant leur candidature, et ont choisi de se présenter dans leurs circonscriptions locales ou dans des régions auxquelles ils ont leurs attaches, afin de «gagner la confiance des électeurs». Parmi ceux-ci, figurent Ahmed El Bouari (circonscription de Ouezzane), Mustapha Baïtas (Sidi Ifni), Karim Zidane (Youssoufia), Fatima Zahra El Mansouri (Marrakech), Mehdi Bensaïd (Rabat), Azzeddine El Midaoui (Rhamma), Abdelattif Ouahbi (Taroudant) et Nizar Baraka (Laâyoune).

Ce mouvement de retrait a été à l’origine de nombreuses interrogations dans l’opinion publique, ainsi que parmi les observateurs politiques, signale Assabah. Les raisons de ce choix restent floues: s’agit-il d’une crainte réelle de l’échec électoral et d’un refus de rendre des comptes devant les citoyens, ou d’une stratégie politique visant à éviter de mesurer leur popularité dans un contexte actuel jugé défavorable?

Dans ce contexte, le cas de Karim Zidane retient particulièrement l’attention. Contrairement à ses collègues, le ministre de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, a choisi de se présenter dans une circonscription éloignée de son fief politique, celle de Youssoufia. Réputée difficile et comptant seulement deux sièges parlementaires, cette circonscription s’annonce comme un terrain de compétition acharnée. De l’avis d’observateurs, cette décision pourrait marginaliser l’un des candidats traditionnels, qu’il s’agisse du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) ou du parti de l’Istiqlal.

Parallèlement, l’annonce de la candidature d’Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, pour le PAM, dans la circonscription de Rhamna, a provoqué une vague de réactions hostiles et de dénonciations au sein du parti, écrit Assabah. Les plus critiques ont estimé que cette candidature va à l’encontre des valeurs du PAM, dont «le rajeunissement des élus et de nouvelles opportunités pour les jeunes élites locales».

Par La Rédaction
Le 24/05/2026 à 18h46