Gouvernement El Mansouri: les contours de la majorité se précisent

Fatima Ezzahra El Mansouri et Mohamed El Idrissi, son colistier sur la liste du PAM à Marrakech lors des élections législatives du 23 septembre 2026.

Revue de presseLe gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri semble sur le point d’être annoncé dans les prochains jours, avec la participation du PAM en chef de file, de l’Istiqlal, de l’USFP et du PPS, soit 207 sièges au Parlement. Entre confidentialité des concertations, arbitrages ministériels et élaboration du programme gouvernemental, la cheffe du gouvernement tente de concilier logique politique et réduction du nombre de portefeuilles. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 07/10/2026 à 19h18

Le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri s’achemine vers sa formation dans les prochains jours. La future coalition devrait réunir le PAM, en chef de file, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, formations totalisant 207 sièges à la Chambre des représentants. Selon des observateurs, la cheffe du gouvernement aurait exigé de ses futurs partenaires de préserver la confidentialité des concertations politiques. Elle a d’ailleurs conduit ses réunions de manière bilatérale avec les secrétaires généraux des trois partis qui ont constitué, par le passé, la Koutla, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 8 octobre.

El Mansouri défend les choix qui président à la formation de cette coalition avec les trois partis, alors même que sa force numérique au sein de la Chambre des représentants ne dépasse la majorité absolue que de quelques sièges. Une configuration qu’elle assume au nom d’un gouvernement à caractère politique, d’autant que l’exécutif devra faire face à une opposition «forte», laquelle a annoncé, dès avant la formation du gouvernement, que la confrontation s’annonce rude au sein de la chambre des représentants.

Selon des sources, la majorité gouvernementale sera officiellement annoncée au début de la semaine prochaine, après l’ouverture du Parlement par le roi Mohammed VI. Deux commissions seront alors constituées: l’une chargée de l’élaboration du programme gouvernemental, l’autre de l’architecture gouvernementale.

Cette configuration, qui n’a pas encore été annoncée, reste suspendue au mandat que doivent obtenir de leurs conseils nationaux l’ensemble des partis susceptibles de participer à la coalition. L’USFP sera le dernier parti à tenir, samedi prochain, une session de son conseil national.

La compétition s’annonce intense entre les trois partis pour décrocher le quota gouvernemental le plus important possible, alors que Fatima Ezzahra El Mansouri cherche à réduire le nombre de portefeuilles ministériels et à les organiser autour de grands pôles. Il semble que la cheffe du gouvernement préfère voir les secrétaires généraux des formations politiques de la majorité participer à la gestion des secteurs ministériels.

Selon des informations qui ont fuité de sources de l’USFP, El Mansouri aurait proposé à Driss Lachgar, premier secrétaire du parti, le poste de ministre de la Justice, pour succéder à Abdellatif Ouahbi. Ce dernier serait sollicité pour devenir président de la Chambre des représentants, un poste au sujet duquel la cheffe du gouvernement a fait de toute négociation une ligne rouge.

D’un autre côté, la commission du programme gouvernemental, composée des dirigeants des quatre partis, se trouve face à un défi de taille: la possibilité d’adopter le programme électoral du PAM et d’en faire l’essence même du programme gouvernemental, notamment au regard des promesses tenues, principalement en matière d’amélioration du pouvoir d’achat, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

La seconde commission, chargée de l’architecture gouvernementale, doit elle aussi répondre à la vision de la cheffe du gouvernement: une structure gouvernementale au nombre réduit, organisée en pôles ministériels, sans oublier la volonté d’El Mansouri de féminiser son gouvernement de manière plus marquée que les précédents.

Par Hassan Benadad
Le 07/10/2026 à 19h18