Gouvernement El Mansouri: le refus de Driss Lachgar à l’entrée du Mouvement populaire

Des leaders du Mouvement populaire reçus par Fatima Ezzahra El Mansouri, à Rabat.

Revue de presseAlors que les tractations menées par Fatima Ezzahra El Mansouri pour la formation du futur gouvernement entrent dans une phase décisive, les contours d’une coalition resserrée à quatre partis se dessinent. Une configuration qui se double de l’opposition ferme de l’USFP et de son Premier secrétaire, Driss Lachgar, face aux exigences formulées par le Mouvement populaire. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 07/10/2026 à 19h07

Dans le cadre des tractations politiques en cours pour la formation de la future majorité gouvernementale, le paysage politique national connaît de nouveaux rebondissements. Alors que les consultations menées par Fatima Ezzahra El Mansouri, chargée de la formation du gouvernement, entrent dans leur deuxième phase décisive, des clivages majeurs commencent à se dessiner entre les formations politiques pressenties pour composer la prochaine coalition, relaie le quotidien Assabah de ce jeudi 8 octobre.

L’un des faits marquants de cette séquence politique est l’opposition farouche exprimée par Driss Lachgar, Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), à l’encontre d’une éventuelle participation du Mouvement populaire (MP) au gouvernement. En effet, lors des entretiens qu’il a eus aux côtés d’Abdessamad Archane avec la cheffe du gouvernement désignée, le responsable socialiste a opposé un niet catégorique à l’intégration du parti dans la future équipe exécutive.

Cette position ferme de Driss Lachgar s’inscrit dans la perspective d’un attelage gouvernemental restreint, qui s’acheminerait vers une coalition resserrée autour de quatre principales forces politiques. Selon les indiscrétions issues de ces concertations, la future architecture gouvernementale pourrait ainsi reposer exclusivement sur quatre formations politiques menées par le PAM (Parti authenticité et modernité), reléguant de fait les autres formations dans l’opposition.

Cette configuration intervient alors que le Mouvement populaire, par son secrétaire général, avait placé la barre très haut en formulant des exigences importantes lors du second round des négociations, allant jusqu’à revendiquer la présidence de la Chambre des représentants ainsi que plusieurs portefeuilles ministériels, lit-on dans Assabah. Une surenchère politique qui semble avoir braqué ses rivaux et renforcé la volonté des partis de la majorité en gestation de verrouiller l’exécutif.

Par ailleurs, l’orientation prise par l’USFP en faveur de la participation gouvernementale ne fait pas l’unanimité absolue et intervient dans un contexte organique particulièrement délicat. Les résultats jugés décevants obtenus lors des dernières élections législatives, où le parti n’a pu récolter que 26 sièges, se positionnant à la sixième place, continuent de susciter des remous profonds et des critiques acerbes au sein de plusieurs sections régionales, notamment à Fès et Salé.

Face aux contestations internes et aux appels réclamant des comptes sur le recul électoral du parti, Driss Lachgar s’apprête à soumettre la décision de participation au Conseil national de l’USFP lors de sa prochaine réunion. L’objectif est d’obtenir l’aval des instances nationales afin de poursuivre sereinement les négociations, de baliser les conditions de l’entrée au gouvernement et de consolider le rôle institutionnel du parti au sein de la future majorité menée par El Mansouri.

Par La Rédaction
Le 07/10/2026 à 19h07