Delair, INKAS, BlueBird... Le Maroc attire les grands fabricants de drones

Des drones Delair DT26E et UX11.. AFP or licensors

Les grands fabricants de drones ont tranché. Le Maroc est leur porte d’entrée vers l’Afrique, rapporte le site espagnol spécialisé Defensa. Delair établit son siège africain à Rabat, INKAS étudie la création d’une usine et BlueBird compte lancer la production du SpyX.

Le 22/04/2026 à 15h24

Les grands fabricants de drones s’installent au Maroc, peut-on lire sur le site espagnol spécialisé Defensa. Tous partagent la même logique, celle de faire du Maroc la tête de pont vers les marchés africains.

Le droniste Delair, le groupe basé à Toulouse, gère depuis 2019 les ventes de ses drones DT26 en Afrique de l’Ouest. Niger, Côte d’Ivoire, Nigeria, Tchad, Mauritanie, Bénin. Tous ont commandé. Le Maroc n’a pas échappé à la règle. La Gendarmerie royale en a acquis une quinzaine en 2021. Après cette présence commerciale établie sur le continent, Delair a pris la décision d’amplifier le jeu.

Selon Defensa, «l’entreprise vise à atteindre un chiffre d’affaires compris entre 500 millions et 1 milliard d’euros d’ici 2030», avec l’Afrique en locomotive. Son DG Bastien Mancini a été clair. L’Afrique est «un pilier fondamental» de ce calcul.

Les drones DT26 de Delair, précise Defensa, «restent dans les airs pendant 170 minutes», avec la capacité de décoller par catapulte en 8 minutes et d’atterrir sur des terrains variés. C’est une performance qui intéresse les militaires africains pour le contrôle des frontières et les opérations antiterroristes. Delair propose aussi le DT46 pour les missions longue portée. Combinés, ces deux modèles couvrent tout le spectre des besoins régionaux.

Cette annonce de Delair arrive après d’autres. «Des rapports publiés en mars dernier indiquent que le groupe canadien INKAS, reconnu pour son poids dans le secteur des véhicules blindés civils et militaires, étudie la création d’une usine au Maroc pour la production de drones et de véhicules blindés», peut-on lire.

Selon Defensa, le groupe «expose une gamme avancée de drones, y compris des munitions de déroulement», ce qu’on appelle les kamikazes. INKAS maîtrise un arsenal qui va des drones FPV à courte portée jusqu’au Delta F150, capable d’atteindre 1.500 kilomètres avec dix heures d’endurance continue.

Le portefeuille d’INKAS inclut également des drones-leurres, «spécialement conçus pour confondre les systèmes de défense aérienne de l’adversaire» avec une portée de 300 à 500 kilomètres. L’idée de localiser la fabrication de ces systèmes au Maroc reflète la compréhension des besoins du marché régional, qui exige désormais des systèmes flexibles, à faible coût et capables de saturer les champs de bataille modernes, commente le site espagnol.

Il est également prévu que l’Israélien BlueBird s’implante au Maroc. Selon Defensa, des ingénieurs et des techniciens marocains «ont été intégrés dans les lignes de production de l’entreprise, où ils ont reçu une formation avancée comprenant l’assemblage de structures, l’intégration de capteurs et de systèmes de guidage, ainsi que le câblage électronique à bord. Cette approche s’inscrit dans le cadre de la volonté du Maroc de faire avancer ses industries de défense locales». Il s’agit donc d’un «transfert de technologie réel».

Une ambition incarnée sur le terrain

Rabat ne laisse rien au hasard sur le papier. Pendant des années, le Maroc évoquait l’ambition de développer des capacités locales de production, de maintenance, d’assemblage et d’exportation. Cette ambition s’est incarnée sur le terrain.

Le décret n°2.23.925 du 20 juin 2024 a créé deux zones destinées à l’accélération industrielle de la défense. Les travaux doivent être terminés avant la fin de 2026 pour recevoir les investisseurs.

Sur le terrain, dix projets industriels liés à la défense ont d’ores et déjà été autorisés, représentant un investissement global de 260 millions de dollars et la création de plus de 2 500 emplois directs. Si cinq de ces projets sont déjà entrés en phase concrète, les cinq restants sont en cours de finalisation ou à l’étude. L’ensemble de ces initiatives vise à doter les Forces Armées Royales (FAR) de capacités opérationnelles avancées, tout en réservant une part de la production à l’exportation.

Par La Rédaction
Le 22/04/2026 à 15h24