Bilan gouvernemental: majorité satisfaite, opposition déçue

Aziz Akhannouch, chef du gouvernement, lors de la présentation de son bilan quinquennal devant la Chambre des représentants, le 21 avril 2026. (Y.Mannan/Le360)

Le 21/04/2026 à 17h39

VidéoLe chef du gouvernement a réitéré ce lundi devant la Chambre des représentants sa satisfaction quant à son bilan quinquennal, alors que l’opposition a tenté de le torpiller en reprochant à Aziz Akhannouch de ne pas avoir respecté ses dix engagements électoraux.

Après une première intervention, la semaine dernière, devant les deux Chambres, au cours de laquelle il avait présenté son bilan de fin de mandat pour la période 2021-2025, le chef de l’Exécutif est revenu devant les élus de la nation pour réaffirmer sa satisfaction quant aux résultats obtenus aux côtés d’une majorité harmonieuse ayant œuvré, selon lui, avec audace.

Lors de cette séance, Aziz Akhannouch a développé une contre-attaque plus offensive, en insistant sur l’appellation d’«État social» que son gouvernement a, selon lui, réussi à ancrer grâce à la série de réformes entreprises dans des secteurs comme l’éducation, la santé, la couverture sociale, la couverture médicale et l’investissement.

S’appuyant sur une pluie de chiffres, Aziz Akhannouch a estimé que son équipe gouvernementale a réalisé non seulement les dix engagements électoraux, dont la création de 900.000 emplois bruts, mais aussi des dizaines d’autres objectifs qu’aucun gouvernement, selon lui, n’a pu accomplir en cinq ans. «Nous avons investi dans des projets d’infrastructures de 400 milliards de dirhams tout en améliorant la croissance, sans oublier la couverture sociale qui bénéficie à 4 millions de personnes», a réaffirmé le chef du gouvernement, reprochant à l’opposition de relayer parfois des contre-vérités.

Le chef du gouvernement a également évoqué plusieurs insuffisances constatées, selon lui, lorsque l’opposition était au pouvoir, en particulier durant la période du PJD entre 2016 et 2021.

Dans ses réactions, l’opposition a considéré qu’avec ce gouvernement, «le Maroc a connu le pire moment de son histoire». Le MP, l’USFP et le PPS ont axé leur réquisitoire sur la question de la cherté de la vie et du pouvoir d’achat des couches défavorisées.

Le chef du groupe parlementaire du PPS, Rachid Hamouni, a estimé que «nous constatons que la plupart des points sur lesquels le gouvernement s’était engagé n’ont pas été mis en œuvre, notamment en ce qui concerne la création d’emplois, l’objectif de sortir un million de familles de la pauvreté, ainsi que de nombreux autres engagements non tenus». Selon lui, des rapports indiquent que le pouvoir d’achat de plus de 75% des familles a reculé. «Face à la cherté actuelle des prix, le gouvernement n’a pris aucune mesure pour atténuer cette inflation», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le chef du groupe du PJD, Abdellah Bouanou, a exprimé sa déception face aux «défaillances du gouvernement», lui reprochant, sans apporter de preuve, des conflits d’intérêts. «Les spéculateurs et les intermédiaires (chanaka et smasria) agissent toujours en toute impunité», a-t-il martelé. «Ce gouvernement a réussi dans la hausse des prix et l’atteinte au pouvoir d’achat. Aujourd’hui, la viande est à 150 dirhams, les prix des oignons, des pommes de terre, de l’huile, tout ce que vous voulez, ont grimpé, sans parler des carburants», a conclu Abdellah Bouanou.

Enfin, Hassan Oukacha, chef du groupe du RNI, a salué les réalisations du gouvernement, qui a, selon lui, «démontré sa capacité à réaliser des projets et à surmonter des difficultés». «Il a prouvé qu’il est un gouvernement capable de faire face aux difficultés, aux crises et aux fluctuations internationales», a conclu le député du parti de la Colombe.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 21/04/2026 à 17h39