La police nationale espagnole a annoncé jeudi l’arrestation de cinq personnes soupçonnées d’appartenir à une organisation criminelle spécialisée dans l’introduction irrégulière de migrants algériens sur le territoire espagnol. Le réseau opérait à bord de bateaux rapides depuis les côtes algériennes vers la région de Murcie, dans le sud-est du pays, une zone de plus en plus prisée par les filières de passeurs pour sa proximité relative avec les points de départ algériens.
L’enquête a été ouverte début juillet à la suite de l’arrivée à Águilas d’une embarcation transportant au moins 24 migrants d’origine algérienne, dont quatre mineurs. Deux bateaux équipés de moteurs de forte puissance ont été saisis dans le cadre de l’opération, rapporte Europa Press. Ce type d’embarcation, rapide et difficile à intercepter, constitue la signature opérationnelle des réseaux qui exploitent cette portion de la Méditerranée occidentale.
Au cours de leurs investigations, les autorités ont repéré en haute mer une embarcation qui attendait d’être ravitaillée en carburant, une pratique courante chez les passeurs pour étendre l’autonomie de leurs traversées. Une fois découvert, l’équipage a contraint les migrants à se jeter à l’eau sans équipement de sauvetage avant de prendre la fuite à grande vitesse, les abandonnant en pleine mer.
Une poursuite en haute mer a permis d’interpeller quatre hommes à bord de l’embarcation. Un cinquième suspect a été arrêté dans le cadre du démantèlement plus large du réseau. Les cinq individus sont poursuivis pour appartenance à une organisation criminelle, aide à l’immigration irrégulière, contrebande et blessures.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique bien plus large. Les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) placent désormais l’Algérie en tête des pays d’origine de l’immigration clandestine vers l’Espagne. Entre janvier et avril, l’Algérie a fourni à elle seule 42% des 5.647 arrivées enregistrées sur la route de la Méditerranée occidentale, se hissant au rang de «premier pays d’origine» sur cet axe.
Un flux méthodique, continu et sans retour, porté par le désengagement total du régime d’Alger face au phénomène migratoire. L’absence de coordination des autorités algériennes avec Madrid ou Bruxelles sur la question des réadmissions alimente ce mouvement, qui n’a pour la quasi-totalité des candidats qu’une seule destination finale, la France.




