Le suspect, Kévin T., 39 ans, avait également piégé avec trois bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur son appartement situé à Plaisir, à quelques kilomètres des communes de Trappes et de La Verrière où s’est déroulée l’attaque, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui s’est rapidement saisi des faits.
Les policiers du RAID sont intervenus plus tôt ce vendredi au domicile de l'auteur présumé de la fusillade à Trappes et La Verrière, qui a fait un mort et quatre blessés. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête. https://t.co/EbkyZyrk0Z
— CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) October 23, 2026
L’immeuble où il réside a été évacué et son quartier bouclé dans l’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP. La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée dans la zone, selon une source proche du dossier.
Le suspect a été interpellé à Coignières (Yvelines) et placé en garde à vue, tout comme un membre de son entourage familial direct, a annoncé le Pnat.
En visite dans la ville populaire de Trappes, le président Macron a parlé d’un «tournant», «parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne».
Tirs mortels à Trappes: "Un tournant dans notre République", déclare Emmanuel Macron https://t.co/Jaoac4uKXe
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Le suspect «a épargné des gens en raison de leur peau (...) et il a assumé son acte», a ajouté le président, dénonçant «un attentat terroriste, raciste».
«Périple meurtrier»
Condamnant un «crime terroriste», le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui s’est également rendu à Trappes, à fait état d’une personne tuée et de cinq grièvement blessées. Parmi les blessés figure un enfant de 12 ans.
🔴🇫🇷 Laurent #Nunez prend la parole depuis la ville de #Trappes, après une #fusillade qui a fait au moins un mort https://t.co/kumAZVCW1g
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Le Pnat a annoncé avoir ouvert une enquête pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée».
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a déclaré un «attentat à connotation raciste, probablement islamophobe», précisant que parmi les victimes, «la personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine».
Fusillades à Trappes: "La fillette de 12 ans est en réanimation", déclare le maire Ali Rabeh https://t.co/uLdpO0GQvv
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Au cours de son «périple meurtrier» a commencé vers 10H00 à Trappes et qui s’est poursuivi à La Verrière, Kévin T. a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant une personne, un homme de nationalité française né en 2000, et en blessant cinq autres, selon le parquet antiterroriste.
L’état de santé des blessés «n’est – à cette heure – pas stabilisé», est-il précisé.
Lors de la fouille du véhicule du suspect, «un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène» ont été découvertes, selon le Pnat.
D’après une source policière, Kévin T. est inscrit dans le fichier du Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial.
«Désescalade»
À La Verrière, le maire Nicolas Dainville a indiqué à l’AFP que la fillette de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle.
Il a ajouté que deux hommes de ménage, «de type africain», avaient été blessés alors qu’ils nettoyaient une école. «C’est l’effroi, le traumatisme, un cauchemar», a t-il déclaré.
«Clairement, là, j’ai le cœur brisé et ce qui m’anime, c’est la peur», a témoigné un résident de Trappes, Adel, d’origine maghrébine. «Parce que le profil des victimes (...), ce sont des profils de personnes qui sont racisées.»
Le comédien Jamel Debbouze s’est dit «profondément bouleversé par l’horreur qui a frappé la ville de (son) enfance».
Profondément bouleversé par l’attentat terroriste raciste à Trappes, la ville de mon enfance Mes pensées vont aux victimes, à leurs familles, à leurs proches, à tous ceux qui vivent cette terrible épreuve À tous les Trappistes, à toutes les familles touchées, je suis de tout cœur avec vous ❤️ Cette haine, ce racisme, il faut les regarder en face, les nommer, et ne jamais les banaliser. J’ai mal à ma France ..
— Jamel Debbouze (@DebbouzeJamel) October 23, 2026
«Nous sommes collectivement responsables de ce qui vient de se passer et de ce qui pourrait se passer de nouveau dans notre pays», a déclaré le maire de Trappes.
À six mois de la présidentielle, il a estimé que «notre responsabilité à tous, c’est la désescalade, c’est la concorde républicaine».
«Le racisme tue», a réagi sur X Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise.
Le racisme tue. À Trappes, au moins un mort et quatre blessés graves, parmi lesquels une enfant de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste est saisi pour assassinat raciste en lien avec une entreprise terroriste. Face à ce crime odieux, tous les êtres humains se souviennent qu'ils sont semblables en se voyant tous horrifiés et indignés. Ici, autour de moi, tous nous destinons nos condoléances les plus attentionnées à la famille éprouvée, notre soutien aux blessés et à leurs proches, ainsi que notre solidarité totale à l’ensemble des habitants.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 23, 2026
«La justice se devra d’être implacable», estime sur le même réseau Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle, évoquant «le mobile abject du racisme».
Les premiers éléments de l’enquête sur l’assassinat et les tentatives d’assassinat de Trappes révèlent un acte criminel de nature terroriste aggravé par le mobile abject du racisme. La justice se devra d’être implacable.
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) October 23, 2026
De son côté, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) a appelé à une «réaction urgente des pouvoirs publics» face «à la terreur raciste».




