Vol Flydubai: Trump menace l’Iran de frappes en cas d’implication dans l’attaque

Le commandant de bord indien, Smit Machchhar. (PHOTO: réseaux sociaux)

Le président américain Donald Trump a menacé jeudi de frapper l’Iran «très fort» si l’implication de Téhéran dans l’agression au couteau du commandant de bord d’un avion de Flydubai, en plein vol, venait à être confirmée. Israël évoque, de son côté, un «endoctrinement islamiste» du copilote.

Le 02/10/2026 à 08h00

«Ils seront frappés très fort, ne vous en faites pas», a déclaré le président américain lorsqu’une journaliste lui a demandé si les États-Unis riposteraient dans le cas où la responsabilité de Téhéran serait démontrée.

Deux jours après l’atterrissage d’urgence en Arabie saoudite de l’avion, qui reliait Dubaï à Tel-Aviv avec 174 passagers, dont 166 Israéliens selon les médias, le profil et les motivations du suspect restent flous.

D’après les récits de voyageurs, le copilote a poignardé le commandant de bord pour faire s’écraser l’appareil, provoquant une perte d’altitude d’environ 5.000 mètres en une minute, avant que des passagers ne se précipitent dans le cockpit pour le maîtriser.

Sans attendre les résultats des enquêtes en cours, Israël a dénoncé une «tentative d’attentat terroriste jihadiste», visant notamment les Émirats arabes unis et les accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations entre les deux pays en 2020.

Lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, Donald Trump a dit penser que l’Iran était impliqué. «Je dirais que la réponse est oui, sur la base de ce que j’entends, mais nous travaillons là-dessus en ce moment même», a-t-il déclaré.

Renforts

Les États-Unis n’ont pas frappé l’Iran depuis le 1er septembre, même si des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d’Ormuz. Aucune issue diplomatique ne semble toutefois se dessiner entre Washington et Téhéran, plus de sept mois après le lancement de l’offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Dans un entretien au magazine Time publié jeudi, Donald Trump a jugé «possible» d’intensifier les attaques contre l’Iran après les élections de mi-mandat, début novembre.

Selon plusieurs médias, le Pentagone a décidé d’envoyer dans la région un porte-avions et d’autres bâtiments, partis ces derniers jours et dont l’arrivée est prévue fin novembre. Ce déploiement représente 9.000 à 10.000 militaires supplémentaires, dont 2.000 Marines.

Deux porte-avions américains sont déjà déployés au Moyen-Orient. Il reste à déterminer si leur nombre passera à trois ou si le bâtiment attendu remplacera l’un de ceux déjà sur place.

Selon le média Axios, qui cite des sources officielles américaines, les États-Unis ont également envoyé récemment deux batteries supplémentaires de systèmes antimissiles Patriot pour protéger des installations pétrolières et gazières en Arabie saoudite et au Qatar.

Le suspect transféré

S’exprimant pour la première fois sur l’incident à bord du vol Flydubai, les autorités saoudiennes ont confirmé jeudi que le copilote avait attaqué son collègue, sans donner davantage de précisions sur ses motivations.

Elles ont indiqué que le suspect avait été transféré aux Émirats arabes unis, où le procureur général, cité par un média d’État, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer «dans quelle mesure l’incident est lié à une activité ou une intention terroriste».

Selon le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui n’a pas écarté la possibilité d’un acte lié à des troubles psychiatriques, le copilote, de nationalité omanaise, «avait subi un endoctrinement islamiste radical».

«Il a crié: “Tuez-moi, tuez-moi”, d’accord. Alors il est clair qu’il était suicidaire (...) Il est clair qu’il comptait faire s’écraser l’avion», a-t-il déclaré sur la chaîne américaine Fox News.

À leur arrivée à Tel-Aviv mercredi, des passagers ont décrit un vol cauchemardesque. «On a entendu des cris dans l’avion. Après, ils ont ouvert le cockpit et on a vu du sang, et que quelqu’un avait poignardé le pilote avec un couteau», a témoigné une passagère auprès de la télévision israélienne.

Yaniv Hayoun, un plombier, a raconté avoir expulsé le copilote du cockpit, avant de redresser l’appareil grâce à des notions de pilotage acquises en regardant la télévision. Sa photo, dans une tenue tachée du sang de l’assaillant, faisait jeudi la une de plusieurs journaux israéliens.

Le commandant de bord indien blessé, Smit Machchhar, a été transféré d’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis, où il est en «bonne santé et se rétablit bien», selon l’ambassade d’Inde à Abou Dhabi.

Par Le360 (avec AFP)
Le 02/10/2026 à 08h00