Le président américain a choisi d’assister à une autre cérémonie au Pentagone, siège du ministère de la Défense, également frappé le 11 septembre 2001 par un avion détourné par des membres d’Al-Qaïda. Le vice-président JD Vance représentera la Maison-Blanche à New York, où les quatre anciens présidents encore en vie, Joe Biden, Barack Obama, Bill Clinton et George W. Bush, sont également attendus.
George W. Bush dirigeait le pays lorsque dix-neuf pirates de l’air ont détourné quatre avions de ligne. Deux appareils ont percuté les tours jumelles du World Trade Center, un troisième le Pentagone et le dernier s’est écrasé près de Shanksville, en Pennsylvanie, après la révolte de passagers. Les attaques ont tué 2.977 personnes.
Une ville transformée
En bonne place parmi les responsables présents figurera Zohran Mamdani, 34 ans, issu de l’aile gauche du Parti démocrate et membre des Democratic Socialists of America. Son élection illustre la transformation d’une ville où la communauté musulmane, déjà présente en 2001, disposait alors d’un poids politique beaucoup plus limité.
«En 2001, il y avait bien sûr déjà une population musulmane à New York, mais elle était moins importante et n’avait pratiquement aucun poids politique. Depuis, la situation a considérablement changé, dans la ville comme au niveau national», observe auprès de l’AFP le politologue Lincoln Mitchell.
Après les attentats, les actes antimusulmans avaient fortement augmenté à New York comme dans le reste des États-Unis. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la police new-yorkaise avait également renforcé la surveillance des mosquées, des commerces, des associations et des groupes d’étudiants musulmans, à travers un programme depuis abandonné.
Giuliani se dit «offensé»
Cette évolution n’a pas empêché certaines personnalités conservatrices de demander au maire de renoncer aux commémorations. Rudy Giuliani, qui dirigeait New York au moment des attentats avant de devenir l’avocat de Donald Trump, s’est dit «offensé» par la présence de Zohran Mamdani à Ground Zero.
Une pétition réclamant son exclusion de la cérémonie a recueilli plus de 100.000 signatures. Elle accuse le maire d’être associé à des personnes «dédaigneuses envers les institutions américaines ou insuffisamment critiques à l’égard des idéologies extrémistes», sans fournir d’exemples précis.
Zohran Mamdani a maintenu sa participation et assuré vouloir placer les victimes, leurs familles, les survivants et les secouristes au centre de cette journée. Premier maire de New York à avoir prêté serment sur un Coran, il est engagé en faveur de la cause palestinienne et très critique envers Israël, qu’il accuse d’avoir commis un «génocide» à Gaza.
Les archives de l’air toxique
La polémique intervient alors que le maire vient d’ouvrir un autre chapitre sensible de l’après-11-Septembre. Son administration a publié cette semaine plus de 170.000 pages de documents municipaux longtemps retenus, concernant la toxicité de l’air après l’effondrement du World Trade Center et la réponse des autorités.
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Ces archives doivent permettre d’établir ce que les responsables municipaux savaient des risques sanitaires, à quel moment ils en ont eu connaissance et comment ils ont communiqué avec les secouristes, les travailleurs et les habitants. Certains documents mettent notamment en lumière des avertissements internes et les préoccupations de la ville concernant sa responsabilité juridique.
«Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti en leur affirmant qu’ils pouvaient respirer sans danger un air toxique», a déclaré Zohran Mamdani.
En plus des 2.977 personnes tuées le jour des attentats, plus de 9.400 secouristes, travailleurs, habitants et survivants sont morts de maladies liées à leur exposition, selon un bilan fédéral de suivi médical. Les cancers, les maladies respiratoires et d’autres troubles chroniques continuent d’affecter des dizaines de milliers de personnes.
La publication des archives replace sous les projecteurs les décisions prises sous plusieurs administrations municipales. Rudy Giuliani, en fonction en 2001, est particulièrement visé par les critiques des associations. Michael Bloomberg, élu maire en novembre de la même année, figure également parmi les responsables dont la gestion pourrait être réexaminée à la lumière des documents.
Un souvenir qui devient histoire
Selon SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans la surveillance des sites jihadistes, Al-Qaïda a marqué l’anniversaire en diffusant des images d’Oussama ben Laden, tué au Pakistan par les forces américaines en 2011, et de son fils Hamza, dont Donald Trump avait annoncé la mort en 2019.
Un quart de siècle après les attaques, environ 100 millions d’Américains n’étaient pas encore nés en 2001 ou étaient trop jeunes pour en conserver un souvenir personnel, souligne le Musée-Mémorial du 11-Septembre. L’institution concentre donc davantage ses efforts sur la transmission, avec des témoins formés pour intervenir auprès de publics qui ne connaissent les faits qu’à travers leur famille, l’école ou les archives audiovisuelles.
Le Smithsonian, à Washington, expose à l’occasion de l’anniversaire des dizaines d’objets rarement présentés: des éléments retrouvés dans les débris du vol 93, des effets personnels récupérés au World Trade Center et le téléphone sur lequel Barbara Olson avait appelé son mari depuis l’un des avions détournés. Certains de ces objets, particulièrement fragiles, pourraient ne plus être exposés après cette présentation exceptionnelle.
«On ne réalise jamais vraiment à quel point c’est réel, ni ce que l’on ressent, avant de se retrouver sur le site», a raconté à l’AFP Max Avena, lycéen de 17 ans venu visiter Ground Zero dans le cadre d’un programme scolaire.
Dans le sud de Manhattan, bouclé et placé sous forte surveillance policière, la cérémonie commencera à 8h40, heure locale, soit 12h40 GMT. Les proches des victimes liront les 2.983 noms des personnes tuées lors des attentats du 11 septembre 2001 et de l’attaque de 1993 contre le World Trade Center.
Six silences marqueront les impacts contre les deux tours et le Pentagone, l’effondrement de chacune des tours et la chute du vol 93. Une septième pause, ajoutée pour ce vingt-cinquième anniversaire, rendra hommage aux personnes mortes de maladies et de blessures liées au 11-Septembre.




