Selon les autorités, l’assaut a été lancé par un attentat-suicide vendredi après-midi dans l’enceinte du poste de police historique à Kohat, une ville d’environ 220.000 habitants située dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, en proie à une insurrection de plus en plus vive.
Ce complexe sert de quartier général de police au niveau du district et abrite les principaux bureaux du Département de lutte contre le terrorisme (CTD), de la Branche spéciale et de plusieurs autres unités de police.
«Au moins 31 personnes, dont 16 policiers, ont été tuées et plus de 100 blessées jusqu’à présent dans cette attaque (...) et cet attentat-suicide», a déclaré un responsable policier samedi à l’AFP.
«Plusieurs combattants sont toujours retranchés dans la section de la Branche spéciale du complexe de police de Kohat», a-t-il ajouté, sous couvert d’anonymat. «Leur nombre exact reste incertain.»
«Des échanges de tirs avec eux sont en cours depuis tard dans la nuit dernière», a ajouté ce responsable.
DSP CTD Imran Uddin also confirms the area has been cleared and the operation has been completed. https://t.co/Kfk704KCue pic.twitter.com/JXuShlh1c7
— War Analyst (@War_Analysts) September 19, 2026
Le groupe local Ittehad-ul-Mujahideen Pakistan, une faction liée au groupe islamiste Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), a revendiqué l’attaque.
Un communiqué publié vendredi soir par le responsable sanitaire du district de Kohat indiquait que plus de 100 personnes avaient été blessées, dont la grande majorité de policiers, et que plusieurs se trouvaient dans un état critique.
Brouille avec l’Afghanistan
Sur des images de l’AFP, on peut voir des militaires debout près de tas de briques, de gravats et de murs détruits à la suite de l’attaque, tandis que des soldats armés de fusils d’assaut montaient la garde autour du complexe.
Plusieurs ambulances ont été aperçues alignées dans une rue près du complexe de la police.
Le Pakistan a imputé la recrudescence des attaques au Khyber Pakhtunkhwa et dans la province frontalière méridionale du Baloutchistan à la montée de l’activisme en provenance d’Afghanistan, où le gouvernement taliban nie toute implication afghane.
Ces accusations ont provoqué une grave brouille et un conflit armé entre les deux pays voisins, et le Pakistan a mené des frappes aériennes meurtrières, qui, affirme-t-il, visent des militants sur le sol afghan.
Le gouvernement taliban à Kaboul et les Nations unies ont assuré que des dizaines de civils avaient été tués lors des dernières frappes pakistanaises dans l’est de l’Afghanistan en juin.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a condamné l’attaque vendredi soir, exprimant «sa profonde tristesse et ses regrets face aux blessures subies par plusieurs personnes à la suite de l’explosion».
President Asif Ali Zardari and Prime Minister Muhammad Shehbaz Sharif on Friday expressed deep grief and sorrow over the injuries sustained by civilians in a blast near the Old Police Lines in Kohat.
— APP (@appcsocialmedia) September 18, 2026
In separate statements, the president and the prime minister expressed their… pic.twitter.com/Chl2nWGdLG
Il a ordonné que «la meilleure assistance médicale soit fournie aux blessés» et a demandé qu’un rapport soit établi sur l’attaque.
«L’élimination complète de Fitna-al-Khawarij et des terroristes opérant avec un soutien étranger est essentielle pour la sécurité nationale», a déclaré de son côté le président Asif Ali Zardari.
Les autorités pakistanaises appellent aujourd’hui le TTP «Fitna al-Khawarij» dans le cadre d’une stratégie politique, religieuse et sécuritaire destinée à délégitimer idéologiquement ce groupe armé. Fitna signifie «discorde» en arabe et Khawarij désigne un mouvement dissident des débuts de l’islam.
En utilisant ce terme, l’Etat pakistanais cherche à présenter le groupe non seulement comme terroriste, mais aussi comme déviant sur le plan religieux, afin de lui retirer toute légitimité islamique.




