États-Unis-Iran: le Pakistan assure que des négociations sont en cours pour une désescalade

Des policiers pakistanais montent la garde près de la résidence présidentielle, dans la zone rouge d'Islamabad où sont prévues des négociations cruciales entre représentants américains et iraniens concernant le conflit au Moyen-Orient, le 10 avril 2026. AFP or licensors

Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d’une désescalade, après une nouvelle série de bombardements américains sur l’Iran dans la nuit, suivie de tirs de représailles iraniens.

Le 31/07/2026 à 06h58

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s’étend à de nouveaux pays. Après l’Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes américano-saoudiennes, l’Égypte a fait état d’une attaque de drone dans le port de Damiette, sur la Méditerranée.

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient «en cours» afin de «parvenir à une désescalade», en particulier concernant le détroit d’Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran et au cœur des tensions.

Elle a indiqué faire «tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d’accord d’Islamabad», signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis le début du mois de juillet, avec une reprise des frappes menées par les États-Unis et l’Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Tôt jeudi, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir «frappé des dizaines de cibles» des Gardiens de la Révolution en Iran.

Les États-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi, par cette puissante force armée de la République islamique, de «multiples missiles balistiques» contre «les forces américaines basées au Moyen-Orient», précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Mettre fin à l’«escalade»

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine dans le nord-ouest de l’Iran, tandis que les médias officiels ont fait état d’attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d’une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l’île de Qeshm, selon l’agence Fars.

Alors que l’Égypte a fait état d’une frappe de drone ayant touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à «l’escalade» dans la région.

Il s’agit de la première attaque en Égypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu’une enquête se poursuivait sur les circonstances de l’attaque, qui n’a pas été revendiquée.

Les rebelles houthis, alliés yéménites de Téhéran qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont nié être derrière cette frappe. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé Israël d’être à l’origine de l’attaque.

«L’Égypte est un ami et partenaire important» de l’Iran, a-t-il déclaré sur X, avant d’ajouter: «Nous devons tous être vigilants face aux manigances israéliennes.»

Coalition maritime

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont de nouveau été visés jeudi.

Le Koweït a rapporté qu’une personne avait été tuée par un bombardement iranien contre une entreprise chinoise.

La Jordanie a, de son côté, annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l’Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe contre Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d’Al-Azraq.

«On va les frapper très fort, parce que c’est à notre tour», avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Avant les dernières frappes américaines et saoudiennes sur l’Irak, le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’était étendu à un autre front, avec la reprise des hostilités entre les Houthis et l’Arabie saoudite.

Riyad compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations et a annoncé jeudi la création d’une coalition regroupant une quinzaine d’États afin d’y sécuriser la navigation.

La mer Rouge a pris d’autant plus d’importance que l’Iran verrouille de nouveau le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule, par lequel transitait, avant la guerre, un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté, la veille au soir, «de quitter le couloir maritime sûr» désigné par l’Iran et que l’un d’entre eux avait «pris feu», sans autre précision.

Par Le360 (avec AFP)
Le 31/07/2026 à 06h58