Au cours de cette huitième nuit consécutive de bombardements, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir visé des installations militaires, notamment des sites de surveillance côtière et de défense antiaérienne, ainsi que «les forces du CGRI qui ont lancé des attaques contre des membres des forces américaines en Jordanie le 17 juillet».
Selon les agences iraniennes, les frappes ont touché plusieurs zones du sud du pays. L’agence Mehr a évoqué une attaque près de Sirik, tandis que l’agence officielle Irna a fait état d’explosions près d’Hajiabad et dans la région de Bandar Abbas. De son côté, Tasnim a mentionné une frappe près de Shadegan, dans la province du Khuzestan.
L’armée iranienne a affirmé avoir riposté en lançant des drones explosifs contre deux bases utilisées par les forces américaines au Koweït, notamment le camp d’Al-Adiri et la base aérienne d’Ali Al-Salem. Ces informations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante.
«Toute attaque américaine se heurtera à une riposte décisive et dévastatrice de la part des forces armées iraniennes. Nous leur infligerons des coûts encore plus élevés que lors des guerres précédentes», a déclaré le général Ali Abdollahi, commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, cité par la télévision d’État.
Samedi, le Centcom avait annoncé la mort de deux militaires américains et la disparition d’un troisième lors d’attaques de missiles et de drones iraniens en Jordanie. Quatre autres soldats ont été blessés. Il s’agit des premiers militaires américains tués par des tirs iraniens depuis la reprise des hostilités le 7 juillet.
Le nombre total de militaires américains tués depuis le début du conflit, fin février, s’élève désormais à 16, pour plus de 420 blessés.
Les hostilités atteignent ainsi un niveau inédit depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
Menaces de représailles iraniennes
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a averti que «maintenant que l’ennemi américain cherche à attiser le conflit, il doit savoir que la nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir», dans un message écrit relayé samedi.
Il a également estimé que «la violation répétée» de l’accord signé le 17 juin «a une fois de plus démontré que la signature du président américain est sans valeur».
Selon le ministère iranien de la Santé, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
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Téhéran avait déjà revendiqué samedi des frappes contre une base aérienne utilisée par les États-Unis en Jordanie, ainsi que contre des installations militaires et des infrastructures civiles au Koweït.
Dégâts au Koweït
Au Koweït, les autorités ont indiqué que les frappes iraniennes avaient gravement endommagé une installation pétrolière jugée stratégique et mis à l’arrêt plusieurs unités dans une centrale électrique et une usine de dessalement. Une installation similaire avait déjà été touchée la veille.
Le Conseil de coopération du Golfe a dénoncé des «crimes de guerre», condamnant le ciblage d’infrastructures civiles essentielles.
«La peur de coupures d’électricité est évidente, vu les appels à réduire la consommation», a témoigné Ali Mahmoud, un employé du secteur énergétique. «La population s’inquiète de voir la guerre s’étendre».
En Iran, les autorités de la province d’Hormozgan ont affirmé que des frappes américaines avaient détruit des installations liées au dessalement de l’eau de mer et à la distribution électrique.
Parallèlement, les incidents se multiplient dans le détroit d’Ormuz, où le trafic maritime est désormais presque à l’arrêt. Avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par ce passage stratégique.
Les États-Unis ont, de leur côté, réimposé leur blocus des ports iraniens, annulant l’un des principaux acquis de l’accord de juin censé apaiser le conflit.




