Iran: Washington évoque un cadre d’accord, Téhéran dément

Un immense drapeau iranien orne un bâtiment tandis que des Iraniens passent devant des structures endommagées suite à une frappe militaire survenue le 15 mars 2026 à Téhéran. AFP or licensors

Les États-Unis et l’Iran ont établi un cadre d’accord en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, entrée dans son quatrième mois, ont indiqué jeudi à l’AFP des sources américaines. Mais Donald Trump ne l’a pas encore validé.

Le 29/05/2026 à 06h27

L’agence iranienne Tasnim, citant une source proche de l’équipe de négociation, a démenti l’information. «Cela est faux et le texte n’est pas encore finalisé», a-t-elle écrit.

Sur l’autre front du conflit, au Liban, Israël a étendu sa «zone de combat» et poursuivi ses frappes meurtrières alors même que la fin des hostilités contre le Hezbollah pro-iranien est une exigence de Téhéran pour parvenir à un accord.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, a fait des milliers de morts. Elle ébranle aussi l’économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole, la République islamique verrouillant le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.

Alors qu’on croyait les négociations en péril, des sources à Washington ont fait état d’un cadre d’accord avec l’Iran prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu en cours depuis le 8 avril, mais nécessitant encore l’aval du président américain.

Cette annonce est tombée après que l’Iran et les États-Unis ont échangé des frappes dans la nuit de mercredi, les affrontements les plus graves depuis l’entrée en vigueur de la trêve.

L’information a d’abord été révélée par le site américain Axios, selon lequel cet accord préalable ne règle pas la question du programme nucléaire iranien, qui sera abordée ultérieurement, mais inclut un engagement de l’Iran à ne pas chercher à se doter de la bombe atomique.

Les États-Unis et l’Iran ont fait «beaucoup de progrès» vers un accord, mais Donald Trump n’est pas encore prêt à l’approuver, a déclaré de son côté le vice-président américain JD Vance.

«Nous sommes en train de négocier certaines formulations. Nous avons fait beaucoup de progrès», a-t-il dit aux journalistes. «Nous espérons que nous continuerons à progresser et que le président sera en mesure d’approuver l’accord, mais bien sûr, cela reste encore à déterminer.»

Accès «illimité»

Les marchés ont réagi avec prudence Bourses européennes ont réduit leurs pertes, tandis que Wall Street a affiché de nouveaux records. Les cours du pétrole ont peu bougé.

«Combien de fois un compromis a-t-il semblé à portée de main, et combien de fois les investisseurs ont-ils été déçus?», a commenté Andreas Lipkow, de CMC Markets. «Ce n’est que lorsque l’encre de la signature sera sèche que l’on pourra envisager un repositionnement.»

Sur la question d’Ormuz, le protocole prévoit un accès «illimité» au détroit, selon Axios, qui cite deux responsables américains. En contrepartie, le blocus américain des ports iraniens serait levé et Téhéran autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.

Disant ne tolérer «aucune tentative visant à instaurer un système de péage», le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a menacé de s’en prendre à Oman, allié des États-Unis et voisin de l’Iran, en cas de coopération avec Téhéran pour le contrôle du détroit.

Washington a par ailleurs annoncé jeudi de nouvelles sanctions visant à tarir les fonds provenant de la vente de pétrole iranien.

D’autres sujets divisent les deux camps. Outre la fin des combats sur tous les fronts, le pouvoir iranien cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d’avoirs gelés à l’étranger. Sur le volet nucléaire, il refuse tout transfert à l’étranger du stock d’uranium enrichi, dont Donald Trump réclame la destruction.

«Au jour le jour»

Plus tôt jeudi, les deux camps s’étaient mutuellement accusés de violer le cessez-le-feu.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones d’attaque iraniens qui représentaient une «menace autour du détroit d’Ormuz» et ont frappé un site à Bandar Abbas «qui menaçait de lancer un cinquième drone», d’après un responsable américain.

En représailles, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. Le Koweït et l’armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l’Iran, sur le territoire de ce royaume du Golfe.

Dans ce climat tendu, des habitants de Téhéran confient leur inquiétude. Mahtab, 62 ans, coiffeuse dans la capitale iranienne, se félicite que sa fille ait pu quitter le pays car «c’est l’enfer ici» et se lamente de voir son fils vivre lui «au jour le jour», sans perspective.

Au Liban, au moins 17 personnes sont mortes dans des frappes israéliennes dans le sud du pays, où Israël a étendu sa «zone de combat» contre le Hezbollah pro-iranien, ainsi que près de Beyrouth.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban, la Finul, a déploré une «escalade» ces derniers jours, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril.

Le Pentagone devait accueillir vendredi des représentants militaires libanais et israéliens avant une nouvelle session de pourparlers les 2 et 3 juin à Washington.

Par Le360 (avec AFP)
Le 29/05/2026 à 06h27