L’aviation des Gardiens «a mené une attaque surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l’ennemi dans la région d’Al-Tanf, en Syrie», a indiqué la télévision d’État sur Telegram.
Les États-Unis avaient annoncé en février s’être retirés de la base d’Al-Tanf et en avoir cédé le contrôle à l’armée syrienne.
Cette annonce intervient alors que les États-Unis ont bombardé l’Iran pour une sixième nuit consécutive vendredi. Téhéran les accuse d’avoir visé des cibles civiles et menace de frapper en retour des infrastructures dans toute la région du Golfe.
L’armée américaine a affirmé sur X avoir attaqué, dans la nuit de jeudi à vendredi, «des dizaines de cibles militaires iraniennes, comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes». L’Iran a, de son côté, fait état de bombardements sur des ponts, un aéroport et une gare.
«Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l’Iran», a menacé un porte-parole de l’armée iranienne, cité par la télévision d’État.
Les forces armées du Koweït et du Qatar ont annoncé avoir fait face, vendredi à l’aube, à des attaques aériennes. Les sirènes d’alerte ont été déclenchées à deux reprises à Bahreïn.
Un porte-parole de l’armée iranienne, cité par la télévision d’État, a affirmé que la République islamique avait visé, à l’aide de drones explosifs, des sites militaires américains au Koweït.
Les médias d’État iraniens ont fait état, dans la nuit, de nombreuses explosions dans plusieurs secteurs du sud du pays.
«Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j’en ai les mains qui tremblent», a raconté à l’AFP Hani, un professeur iranien de 34 ans habitant Ahvaz, dans le sud-ouest du pays.
«Il y a eu au moins 11 ou 12 explosions. J’ai l’impression que mes oreilles vont exploser», a-t-il ajouté.
Selon la télévision d’État iranienne, les forces américaines ont bombardé deux ponts dans la région de Bandar Khamir, faisant sept morts, ainsi qu’une gare à Bandar Abbas et l’aéroport d’Iranshahr.
Bouchehr de nouveau frappée
Bouchehr, ville portuaire située sur la côte sud-ouest et abritant la seule centrale nucléaire du pays, a été frappée pour la deuxième fois en quelques heures, selon le gouverneur de la ville, cité par l’agence Irna.
Le président Donald Trump avait menacé, dans la semaine, de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si les Iraniens ne revenaient pas à la table des négociations.
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Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l’Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril et minent les efforts diplomatiques visant à mettre durablement fin au conflit.
Le conflit, déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et continue d’ébranler l’économie mondiale.
Le Pakistan, médiateur des discussions, a exhorté jeudi les deux parties à mettre «fin aux violences et à reprendre les discussions» dans le cadre du protocole d’accord signé à la mi-juin, désormais réduit à néant. Mais le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a prévenu qu’un accord «n’a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées».
Islamabad a également appelé à un «retour à la normale dans le détroit d’Ormuz», de nouveau verrouillé par l’Iran le week-end dernier. En réponse, les États-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.
Donald Trump «reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps», a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les Iraniens «ont fait savoir au président qu’ils veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences».
Dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait, avant la guerre, environ un cinquième des volumes mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), le trafic s’est raréfié.
Le Brent évoluait autour de 85 dollars le baril vendredi.




