L’armée libanaise a en outre déclaré qu’un de ses soldats et «plusieurs membres de sa famille» avaient été tués dans une frappe ayant visé leur domicile dans la région de Nabatiyé, dans le sud du pays. Le ministère ne l’avait pas confirmé dans l’immédiat.
L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Une réunion directe entre les deux dirigeants, «facilitée par le président Trump, offrirait au Liban l’occasion d’obtenir des garanties tangibles sur la pleine souveraineté, l’intégrité territoriale, la sécurité de ses frontières, l’aide humanitaire et à la reconstruction, ainsi que le rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais sur chaque centimètre carré de son territoire, garanties par les Etats-Unis», a écrit l’ambassade sur X.
Malgré la trêve, prolongée jusqu’à la mi-mai, l’armée israélienne poursuit ses frappes, principalement dans le sud, où son porte-parole a publié jeudi plusieurs avis d’évacuation pour une vingtaine de localités.
Elle a établi une zone de 10 km de profondeur délimitée par une «ligne jaune» et interdite d’accès à la presse comme à la population, où elle mène des opérations de démolition. La poursuite de ces opérations, malgré la trêve, s’inscrit dans un contexte de cessez-le-feu de plus en plus théorique dans le sud du Liban.
«Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition et le rasage de maisons et de lieux de culte, alors que le nombre des victimes grimpe de jour en jour», a dénoncé Joseph Aoun dans un communiqué.
Attaque de drone israélien
Des frappes israéliennes meurtrières ont pris pour cible dès jeudi matin différentes localités du sud, y compris des localités non incluses dans les avis d’évacuation, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Le ministère de la Santé a fait état de dix-sept morts, dont au moins cinq femmes et deux enfants.
Ce bilan inclut une attaque de drone israélien contre un groupe de personnes «rassemblées près du cimetière» de Zebdine, une localité du sud du Liban, selon l’Ani.
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«Il faut faire pression sur Israël pour qu’il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils, les secouristes, la Défense civile et les instances humanitaires», a déclaré M. Aoun.
Israël affirme vouloir protéger sa région nord des attaques du Hezbollah pro-iranien, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.
En vertu de l’accord de cessez-le-feu, Israël se réserve «le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours».
Une clause que le Hezbollah conteste, dénonçant par la voix du député Ibrahim Moussawi «un dangereux précédent».
Le mouvement chiite a dit jeudi avoir tiré sur des chars israéliens sur le sol libanais.
L’armée israélienne a annoncé jeudi la mort «au combat» d’un de ses soldats dans le sud du Liban, le quatrième depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
«À un tournant»
La trêve et sa prolongation ont été annoncées par le président américain Donald Trump au terme de pourparlers entre les ambassadeurs d’Israël et du Liban à Washington, devant préluder à des négociations directes entre les deux pays. Cette perspective de dialogue direct creuse les fractures entre Joseph Aoun, plutôt ouvert à une désescalade politique avec Israël, et Nabih Berri ainsi que le Hezbollah, qui rejettent cette voie.
«Le Liban est à un tournant. Son peuple a l’occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante», a écrit l’ambassade américaine à Beyrouth sur X en appelant à une rencontre directe entre Aoun et Netanyahu, ajoutant que «le temps des hésitations est révolu».
Le fossé se creuse entre le président libanais, décidé à mener des négociations, et le Hezbollah, qui s’y oppose.
«J’ai coordonné (...) chacune de mes démarches concernant les négociations avec le président de la Chambre et le Premier ministre», a dit Joseph Aoun.
Ce que le président de la Chambre, principal allié du Hezbollah, s’est empressé de démentir. Les efforts saoudiens pour faire converger Aoun, Berri et Nawaf Salam vers une position commune ont justement achoppé sur ces divisions.
Les opérations israéliennes au Liban ont fait plus de 2.500 morts et plus d’un million de déplacés depuis le 2 mars, selon un bilan officiel.
Des dizaines d’habitants et de responsables de localités du sud du Liban occupées par l’armée israélienne se sont rassemblés jeudi dans le centre de Beyrouth pour dénoncer les opérations de démolition menées par Israël.




