Liban: Trump prolonge la trêve de 3 semaines, l’accord avec l’Iran reste enlisé

Mohammed Mawaadi, un Palestinien vivant au Liban, se tient près du mur endommagé de son appartement et contemple les décombres d'un immeuble voisin, touché en janvier par une frappe israélienne dans le village de Qannarit, au sud du pays, le 16 février 2026. AFP or licensors

Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts visant à parvenir à un accord avec l’Iran sont, pour leur part, au point mort.

Le 24/04/2026 à 06h30

«Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington.

En vigueur depuis le 17 avril, la trêve, qui devait initialement s’achever dimanche, a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars.*

Donald Trump a assuré que les États-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah».

L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises.

Le Hezbollah a, lui, annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne.

«Tout le temps du monde»

Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien, Benjamin Netanyahu, et libanais, Joseph Aoun, se rencontrent «dans les semaines à venir».

Le président libanais, qui avait jusqu’à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh, ainsi que du prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah.

Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les États de la région.

Près de deux mois après son déclenchement, le 28 février, par Israël et les États-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l’énergie et sur l’économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril.

Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitaient, avant le conflit, 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran, à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social.

Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars.

Troisième porte-avions

Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, l’USS George H.W. Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des États-Unis pour reprendre les frappes.

Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril «d’éteindre» la civilisation.

«Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche.

Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan, le 11 avril, s’était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine.

En réponse, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin».

Alors que le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei, tué aux premières heures de la guerre, le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif».

Par Le360 (avec AFP)
Le 24/04/2026 à 06h30