La Ligue arabe a dénoncé une «dangereuse escalade» de la part des Houthis, qui ont intensifié leurs frappes contre l’Arabie saoudite depuis leur offensive meurtrière menée début septembre contre les forces du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par Riyad.
Les combattants antigouvernementaux, qui contrôlent la capitale yéménite, Sanaa, ont de nouveau dénoncé «une agression saoudienne» jeudi soir contre la ville. Des correspondants de l’AFP y ont entendu trois puissantes explosions et aperçu d’importantes volutes de fumée dans le ciel.
L’armée régulière du Yémen a, quant à elle, annoncé vendredi avoir mené «13 frappes aériennes de précision» contre les Houthis dans les zones qu’ils contrôlent.
La coalition militaire menée par Riyad en soutien au gouvernement yéménite a indiqué avoir intercepté, jeudi soir et vendredi matin, trois missiles et quatre drones dans le sud de l’Arabie saoudite.
Selon elle, les Houthis ont également visé mardi matin «une infrastructure civile alimentant en électricité la mosquée du prophète à Médine».
La Mecque et Médine, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, sont les deux villes les plus sacrées de l’islam. Médine abrite le tombeau du prophète Mahomet.
«Provocation délibérée»
Riyad avait déjà accusé les Houthis, en septembre, d’avoir mené une attaque de drone contre La Mecque, ce qu’ils avaient démenti. Ils ont de nouveau rejeté jeudi toute responsabilité dans d’éventuelles attaques contre ces lieux saints.
La coalition militaire a néanmoins dénoncé un «lâche attentat» qui «s’inscrit dans les tentatives de cette milice extrémiste de cibler les deux mosquées saintes et la provocation délibérée de millions de musulmans en s’en prenant à La Mecque et Médine», selon un communiqué.
Le gouvernement yéménite a dénoncé «une violation flagrante de la souveraineté du Royaume d’Arabie saoudite et du caractère sacré de Médine, ainsi qu’une provocation délibérée à l’égard des musulmans du monde entier».
Le Qatar, la Turquie, le Soudan et les Émirats arabes unis ont également condamné l’attaque.
Le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé «une grave atteinte au caractère sacré des lieux saints de l’islam, une provocation manifeste des sentiments des musulmans, un mépris inacceptable pour les vies civiles».
Pour la Ligue arabe, «cette attaque suscite la colère des musulmans du monde entier et traduit une dangereuse escalade de la part de la milice houthie».
Soutien turc
Al-Azhar, au Caire, grande institution de l’islam sunnite, a également exprimé son «rejet catégorique» de cette attaque «qui menace la sécurité de la Cité du Messager d’Allah (paix soit sur lui) et la met en danger».
Lire aussi : L’Arabie saoudite intercepte six missiles houthis, les combats s’intensifient au Yémen
Le Soudan a déploré un «acte haineux».
Le ministère turc des Affaires étrangères a réaffirmé son soutien à son allié saoudien: «Ces attaques provocatrices, qui menacent la souveraineté et la sécurité de l’Arabie saoudite et visent les valeurs sacrées du monde islamique, doivent cesser immédiatement et sans condition.»
La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite sont liés par un pacte de défense mutuelle, signé en août à La Mecque. Jusqu’à présent, Islamabad et Ankara se sont cependant abstenus de s’engager militairement dans le conflit.
Après plusieurs années d’accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, ouvrant un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient. Les hostilités opposent les Houthis, qui contrôlent Sanaa et le littoral yéménite sur la mer Rouge, au gouvernement reconnu par la communauté internationale. Replié à Aden, celui-ci exerce son autorité sur une grande partie du sud et de l’est du pays.
Les combattants pro-iraniens ont lancé début septembre une offensive meurtrière, s’emparant en quelques jours des régions côtières du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui commande l’accès à la mer Rouge et, par conséquent, au canal de Suez.




