Ryad accuse les Houthis du Yémen d’avoir attaqué La Mecque

Hajj - Pèlerinage à la Mecque

La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a accusé mercredi les Houthis du Yémen d’avoir mené une attaque de drone contre la ville sainte de La Mecque, ce que ces combattants pro-iraniens ont démenti.

Le 16/09/2026 à 07h28

Mardi, la défense aérienne saoudienne a détruit «un drone hostile lancé par la milice terroriste houthie avant qu’il n’entre dans l’espace aérien interdit de la sainte capitale» de l’islam, a écrit la coalition dans un communiqué, soulignant que l’interception avait eu lieu au sud de la ville.

«La sécurité des deux saintes mosquées et de leurs visiteurs constitue une ligne rouge», a-t-elle averti.

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a immédiatement condamné des «attaques odieuses» qui «profanent la sacralité des lieux saints et des mosquées, et heurtent les sentiments des musulmans à travers le monde».

Proches alliés de l’Iran et appartenant à une branche du chiisme, les Houthis ont pris la semaine dernière le contrôle du littoral yéménite qui borde la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le stratégique détroit de Babel-Mandeb.

Après des années d’accalmie, le Yémen a été entraîné en juillet dans le conflit régional, déclenché fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran. Et les derniers développements ont encore fait grimper les cours du pétrole, une flambée qui pèse sur l’économie mondiale.

Le Brent, référence internationale du brut, s’échangeait mercredi à 108,5 dollars le baril dans les premiers échanges asiatiques, en légère baisse mais toujours quelque 80% plus haut qu’avant le début de la guerre fin février.

«Mensonge éculé»

Les Houthis, qui multiplient depuis début septembre les attaques contre l’Arabie saoudite, alliée des autorités yéménites, ont démenti avoir ciblé la ville sainte, dénonçant «un mensonge éculé» selon un de leurs responsables, Hazm al-Assad, sur X.

«Nos opérations visent les installations pétrolières et les bases militaires, qui sont éloignées des sites sacrés», a ajouté leur porte-parole militaire, Yahya Saree.

Les autorités saoudiennes avaient émis mardi matin une alerte aérienne pour La Mecque, une première concernant cette ville sainte qui accueille chaque année des millions de pèlerins, sunnites comme chiites.

L’ambassade des Etats-Unis en Arabie saoudite a conseillé mercredi aux ressortissants américains de reconsidérer tout voyage en Arabie saoudite, et de ne se rendre sous aucun prétexte près de la frontière avec le Yémen.

Les dirigeants saoudien et égyptien Mohammed ben Salmane et Abdel Fattah al-Sissi ont appelé mardi depuis Le Caire à «garantir la liberté et la sécurité de la navigation maritime» dans cet axe stratégique.

Ce passage reliant l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez, déjà très emprunté avant la guerre au Moyen-Orient, est devenu encore plus important pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, depuis que l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.

Sa fermeture serait «catastrophique», a admis mardi le ministère qatari des Affaires étrangères.

«Le monde souffre suffisamment de la fermeture du détroit d’Ormuz», par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, «on ne peut donc pas se permettre d’ajouter Bab el-Mandeb à cette équation», a déclaré un responsable du ministère, Ibrahim al-Hashmi.

De leur côté, les Houthis assurent qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, sauf pour les navires saoudiens.

«Les intérêts du monde»

Alors que la pression monte sur l’Arabie saoudite, menacée dans les deux détroits et visée par des attaques sur ses infrastructures pétrolières, les Houthis ont affirmé mercredi avoir abattu un avion de chasse saoudien, accusant le royaume d’avoir mené 450 frappes aériennes chez son voisin cette semaine.

L’Arabie saoudite subit aussi l’arrêt de son oléoduc Est-Ouest, permettant de contourner Ormuz, après des attaques de drones venues d’Irak selon Ryad.

Dans ce contexte, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane cherche à s’assurer le soutien des Etats-Unis et de l’Egypte, un pays qui craint de voir fondre ses revenus tirés du canal de Suez en raison des menaces sur le trafic en mer Rouge.

Lors d’une réunion du conseil de sécurité des Nations unies à New York dans la nuit, l’ambassadeur yéménite Abdullah Al-Saadi a assuré que les autorités de son pays reprendraient le contrôle de «chaque pouce de leur pays».

En combattant celle-ci, «le Yémen défend les intérêts du reste du monde», a martelé le diplomate, appelant au soutien de la communauté internationale.

Au moins 100.000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le lancement de l’offensive meurtrière des Houthis début septembre, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), alors que la précédente guerre entre 2014 et 2022 avait déjà provoqué une crise humanitaire majeure dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Par Le360 (avec AFP)
Le 16/09/2026 à 07h28