Guerre au Moyen-Orient: Trump défie le Congrès, Téhéran active ses défenses aériennes

Donald Trump prononce le premier discours sur l'état de l'Union de son second mandat devant les deux chambres du Congrès réunies dans l'hémicycle de la Chambre des représentants du Capitole des États-Unis à Washington, D.C., le 24 février 2026. KENNY HOLSTON/The New York Times

À l’approche du seuil légal des 60 jours d’engagement militaire américain contre l’Iran, l’administration Trump laisse entendre qu’elle ne sollicitera pas l’autorisation du Congrès. Malgré le cessez-le-feu instauré le 8 avril, le bras de fer avec Téhéran se poursuit sur fond de blocus, de flambée pétrolière, de tensions à Ormuz et de nouvelles frappes israéliennes au Liban.

Le 01/05/2026 à 06h59

Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et de petits avions, alors que le conflit entre l’Iran et les États-Unis approche du seuil des 60 jours. Passé ce délai, Donald Trump doit théoriquement demander l’autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son administration a laissé entendre qu’elle entendait ignorer cette obligation, qui incombe en principe au président américain à partir de vendredi. Les démocrates, eux, paraissent impuissants à imposer le respect de cette procédure.

Les États-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l’Iran le 28 février. Un cessez-le-feu a été instauré le 8 avril. Il n’a pas mis fin au bras de fer entre Téhéran et Washington, qui continue de propulser les cours des hydrocarbures à des niveaux inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès dispose du pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 autorise toutefois le président à engager une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence, à condition d’obtenir l’autorisation du pouvoir législatif si des troupes américaines restent engagées au-delà de 60 jours.

Vendredi constitue donc une date limite. Mais le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a affirmé jeudi qu’en raison du cessez-le-feu, «l’horloge des 60 jours est suspendue».

«Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées», a ajouté à l’AFP un haut responsable de l’administration américaine. «Il n’y a pas eu d’échanges de tirs entre les forces armées américaines et l’Iran depuis le mardi 7 avril».

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage, par Téhéran, du stratégique détroit d’Ormuz. Avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde transitait par cette voie maritime, dont la paralysie a fait bondir les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure «pendant des mois».

Face à la perspective d’un enlisement du conflit, le Brent, référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis le début de l’année 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Vendredi, il gagnait 0,59%, à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

«Défaite honteuse»

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les États-Unis avaient subi une «défaite honteuse» face à l’Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a, de son côté, dénoncé le blocus américain, qu’il a qualifié de «prolongement des opérations militaires».

À Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir contre des drones et des aéronefs dont la provenance n’a pas été communiquée.

«Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d’activité et de riposte contre de petits aéronefs», ont indiqué les agences Tasnim et Fars, précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une «situation normale».

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions engagées le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l’impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d’Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir sur l’économie mondiale: pénuries rampantes, poussées inflationnistes et révisions à la baisse de la croissance.

«Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire», a estimé le patron de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol.

«Au bord du gouffre»

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est également alarmé de l’«étranglement» de l’économie mondiale provoqué par la paralysie du détroit.

«C’est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d’ouvrir une voie vers la paix», a-t-il plaidé dans un message publié sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L’ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant que le Liban se trouve «à un tournant».

«Son peuple a l’occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir», a-t-elle affirmé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël contre le Hezbollah, mouvement soutenu par l’Iran, ont fait plus de 2.500 morts et plus d’un million de déplacés depuis le début du mois de mars, selon les autorités.

Par Le360 (avec AFP)
Le 01/05/2026 à 06h59