Guerre au Moyen-Orient: l’Iran attendu à Islamabad, mais Washington temporise

Des policiers pakistanais montent la garde près de la résidence présidentielle, dans la zone rouge d'Islamabad où sont prévues des négociations cruciales entre représentants américains et iraniens concernant le conflit au Moyen-Orient, le 10 avril 2026. AFP or licensors

Le chef de la diplomatie iranienne est de nouveau attendu dimanche à Islamabad, entretenant les espoirs d’une reprise du dialogue pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, malgré l’annulation du déplacement des émissaires de Donald Trump.

Le 26/04/2026 à 07h05

Le président américain a laissé la porte ouverte à de nouvelles discussions et assuré avoir déjà reçu des propositions améliorées de Téhéran après avoir renoncé, in extremis, à envoyer ses négociateurs dans la capitale pakistanaise.

De premières discussions irano-américaines s’y étaient tenues il y a deux semaines après la mise en place d’un cessez-le-feu.

Mais, malgré la crainte d’une reprise du conflit, qui a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l’économie mondiale, toutes les tentatives de les poursuivre ont, pour l’instant, échoué face à la fermeté affichée par Washington et Téhéran.

Dernier épisode en date: l’arrivée sur place, vendredi, du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, suivie dans la foulée par l’annonce, par la Maison Blanche, du départ prévu samedi de l’émissaire spécial du président, Steve Witkoff, et de son gendre Jared Kushner.

Sans les attendre, le ministre iranien a conclu samedi sa visite au Pakistan, et Donald Trump a annulé le voyage par un message sur son réseau Truth Social, refusant que ses émissaires fassent «15, 16 heures» d’avion pour des discussions qui peuvent très bien, selon lui, se tenir par téléphone.

Interrogé par le média Axios pour savoir si cette annulation signifiait qu’il allait reprendre la guerre, M. Trump a répondu: «Non. Cela ne signifie pas cela. Nous n’y avons pas encore réfléchi.»

Il a répété sa théorie selon laquelle les divisions au sommet de l’appareil iranien empêcheraient Téhéran de négocier. «Personne ne sait qui est aux commandes, pas même eux», a-t-il ajouté. «S’ils veulent discuter, il leur suffit de nous appeler», a affirmé le dirigeant républicain.

S’exprimant un peu plus tard sur le tarmac de l’aéroport de Palm Beach, en Floride, le président américain a déclaré que la tenue d’une réunion mardi à Islamabad avait été discutée, une date qu’il avait jugée trop tardive. Il a assuré que «dès que j’ai annulé, en moins de dix minutes», les Iraniens avaient soumis un nouveau document de négociation «bien meilleur».

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, qui était parti pour Oman, doit être de retour à Islamabad dimanche, selon un média public iranien. Il doit ensuite se rendre en visite à Moscou.

«Piraterie» américaine

Déclenché par une attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février, le conflit régional a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale, avec notamment le blocage par l’Iran du stratégique détroit d’Ormuz.

Le trafic maritime reste à l’arrêt dans ce passage, par où transitaient avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Le commandement des forces armées iraniennes a menacé les États-Unis d’une réponse militaire en cas de poursuite du blocus américain des ports iraniens, dénonçant des actes de «piraterie».

Selon la télévision d’État iranienne, le président Massoud Pezeshkian a aussi prévenu que l’Iran ne s’engagerait pas dans des «négociations forcées sous la pression, les menaces et un blocus».

Le chef de l’État avait auparavant appelé la population à économiser l’électricité, affirmant que, s’il n’y avait pas de pénurie pour l’instant, les États-Unis et Israël cherchaient à semer le «mécontentement» parmi les Iraniens.

Morts au Liban

Sur le front libanais, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l’armée de frapper «avec force» le Hezbollah pro-iranien samedi soir, à la suite de ce que l’armée a qualifié de série de violations du cessez-le-feu.

La trêve entre Israël et le Hezbollah, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par le président américain après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est mise à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de quatre personnes tuées samedi par des frappes israéliennes dans le sud du Liban, après six morts vendredi dans la même région.

L’armée israélienne a déclaré avoir «éliminé plus de 15 terroristes dans le sud du Liban» et a réitéré son avertissement aux habitants de ne pas retourner dans des dizaines de localités de la région.

Près de 2.500 personnes ont été tuées au Liban par des attaques israéliennes depuis que le mouvement chiite a rouvert les hostilités avec Israël le 2 mars, selon les autorités libanaises.

Par Le360 (avec AFP)
Le 26/04/2026 à 07h05