Sahara marocain: après la résolution 2797, le maintien du dossier devant le C24 serait obsolète

Des ambassadeurs et d'autres responsables de l'ONU assistent à une audition du diplomate argentin Rafael Mariano Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), pressenti pour devenir le prochain secrétaire général des Nations Unies, au siège de l'ONU à New York, le 21 avril 2026. M. Grossi figure parmi les quatre candidats en lice pour le poste actuellement occupé par le Portugais António Guterres. AFP or licensors

Revue de presseLa reprise des sessions du Comité de la décolonisation de l’ONU (Comité des 24) souligne une incohérence flagrante: maintenir le dossier du Sahara à son ordre du jour alors que le Conseil de sécurité a déjà tranché. Pour la plus haute instance de l’ONU, le plan d’autonomie marocain reste la seule base réaliste et durable pour clore ce différend. Éclairage dans cette revue de presse, tirée de l’hebdomadaire Al Ayyam.

Le 12/06/2026 à 19h58

La session prévue les 16 et 17 juin du Comité spécial de la décolonisation de l’Assemblée générale de l’ONU, dit comité des 24, revêt une certaine particularité importante.

Non parce qu’il s’agit de la première session qui intervient après la résolution n°2797 de l’ONU, actant que l’autonomie sous souveraineté marocaine est la seule base pour une solution politique définitive au Sahara marocain, mais parce qu’elle soulève une question fondamentale autour de l’approche onusienne sur cette même question.

«L’instance onusienne poursuivra-t-elle le traitement de cette question sous l’angle de la décolonisation devant le comité des 24, ou les développements politiques, sécuritaires et géopolitiques changeront-ils la donne pour se diriger progressivement vers une option abordant la question en tant que conflit politique régional qui nécessite une solution politique réaliste, pragmatique et durable», s’interroge l’hebdomadaire Al Ayyam dans sa dernière livraison.

Et de souligner que «contrairement à la position du conseil de sécurité de l’ONU, qui a consolidé l’initiative d’autonomie marocaine comme seule base pour résoudre le conflit politique régional, l’Assemblée générale de l’ONU et sa Quatrième Commission continuent d’aborder la question sous l’angle classique de la décolonisation et l’autodétermination».

Le dossier du Sahara est ainsi traité sous deux angles différents. Sur le plan juridique et historique, fait remarquer la même source, le dossier relève des compétences de l’Assemblée générale de l’ONU et sa Quatrième Commission, alors que sur le plan politique, il est devant le conseil de sécurité, qui est l’organe décisif dans le traitement de ce dossier.

À propos de ce paradoxe, le professeur universitaire, Jamal Aït Laadam, spécialiste en relations internationales à Jilin University, en Chine, estime dans une déclaration à l’hebdomadaire que «la littérature politique des instances compétentes de l’ONU évolue progressivement pour passer de la logique de décolonisation à celle d’un règlement politique pragmatique».

C’est l’option confortée, a-t-il souligné, par les dernières résolutions du conseil de sécurité de l’ONU, notamment la résolution n° 2797 qui a fait de l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine le cadre normatif et la base exclusive des négociations. Cette option est d’ailleurs soutenue par plusieurs grandes puissances, notamment les États-Unis, la France et l’Espagne et d’autres pays.

C’est l’approche défendue par la diplomatie marocaine, qui souligne que la question du Sahara marocain est toujours une question d’intégrité territoriale et nullement une affaire de «décolonisation». Et c’est la bataille qui est aujourd’hui menée au sein des instances de l’ONU, notamment l’Assemblée générale et sa Quatrième Commission.

Par le360
Le 12/06/2026 à 19h58