Un acte III sans incidents majeurs. Entre 320.000 et 500.000 personnes ont manifesté samedi 31 octobre en France, selon les chiffres des autorités et de l’intersyndicale de la jeunesse. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que «les cortèges se sont bien déroulés», mais des affrontements ont eu lieu dans la soirée.
Cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère s’inscrit dans le sillage du mouvement lycéen et étudiant, qui réclame notamment la suppression de la plateforme d’orientation Parcoursup, la rénovation des établissements et davantage d’enseignants.
La coordination des gilets jaunes, à l’origine de ces journées de mobilisation, a alerté sur la «colère» qui règne dans le pays. À Paris, le parcours de la manifestation a été modifié au dernier moment par la justice. «Elle monte dans les lycées, les facs, sur les ronds-points, dans les quartiers, dans les champs et sur les lieux de travail. Et cette colère n’est pas entendue.»
«Au-delà des lycéens, de la vie chère, tout est compliqué. J’ai l’impression que le gouvernement n’en a rien à foutre, pour parler un peu vulgairement, et ne nous écoute pas», a déclaré Margaux, 35 ans, dans le cortège parisien.
Les manifestants, pour certains grimés à l’occasion d’Halloween, ont d’abord marché dans une ambiance bon enfant, sous un soleil radieux, à l’écart des centres-villes. Ils étaient encadrés par d’importants effectifs policiers afin d’éviter une réédition des pillages et des dégradations de commerces du 17 octobre.
Parmi les pancartes aperçues dans les cortèges, on pouvait lire: «Alerte climat de vie chère», «Pas besoin de lacrymo pour que notre avenir soit flou», «Halloween déguisée en citoyenne vénère», ou encore le désormais traditionnel «Les lycéens visent le bac, la BAC vise la tête».
565 interpellations en France
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a mis en cause des groupes «d’ultragauche» et dénoncé «la violence inouïe» de groupes de casseurs, tout en reconnaissant que les «cortèges s’étaient bien déroulés». Il a qualifié «de tentative de meurtre» le lancement, à Paris, d’un cocktail Molotov contre un gendarme mobile, qui n’a été que légèrement blessé.
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Les autorités s’étaient préparées à une répétition de violences urbaines «comparables à celles du 17 octobre» et avaient mobilisé 70.000 policiers.
À 20 heures, le ministre de l’Intérieur a dénombré 565 interpellations sur l’ensemble du territoire, en net recul par rapport à la semaine précédente.
À Marseille, où la manifestation n’était pas autorisée, des échauffourées ont eu lieu avec les forces de l’ordre à l’issue d’un parcours improvisé qui a réuni environ 10.000 personnes.
En début de soirée, des dizaines de jeunes faisaient face à la police sur une place du centre-ville connue pour sa vie nocturne. L’air de la place et des rues adjacentes était saturé de gaz lacrymogène, d’après une journaliste de l’AFP sur place.
À Lyon, les autorités ont dénombré 19.000 manifestants, contre 20.000 à Lille et 13.500 à Rennes, les villes où la mobilisation a été la plus forte après Paris.
De nouveaux blocages prévus dans les lycées
À Bordeaux, la manifestation a réuni moins de personnes que les deux samedis précédents, selon la police, qui a dénombré 11.000 manifestants, contre 15.500 le 24 octobre. Les syndicats en ont, eux, compté 70.000, contre 60.000 le 24 octobre.
Des manifestations ont aussi eu lieu à Limoges, Grenoble ou La Rochelle, où Kai, 22 ans, est venue «dénoncer la vie chère, la précarité lycéenne et étudiante, la montée du fascisme et du racisme, et plus globalement toutes les formes de discrimination».
Les forces de police vont rester sur le qui-vive une bonne partie de la soirée en raison des festivités d’Halloween, alors que des appels à se rassembler à Châtelet, dans le centre de Paris, circulent sur les réseaux sociaux.
Un nouveau couvre-feu a été décrété dans certains secteurs de Paris pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi, de 23 heures à 6 heures, une mesure également prise dans plusieurs villes de France.
La loi autorise le port d’un masque dans l’espace public à l’occasion d’une fête, comme Halloween, mais l’interdit aux abords des manifestations présentant des risques de troubles à l’ordre public.



