Au lendemain de scènes de vandalisme contre d’innombrables commerces dans plusieurs villes de France, dont la facture pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, les secteurs du commerce et du tourisme ont appelé les pouvoirs publics à mettre fin aux violences et à accompagner les entreprises touchées.
Confrontés ces dernières années aux manifestations de gilets jaunes, à la pandémie de Covid-19 puis à des poussées inflationnistes augmentant leurs charges et limitant leur fréquentation, professionnels du tourisme et commerçants refusent d’être les «victimes collatérales» de ces violences, ont prévenu l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) et la Confédération des commerçants de France (CDF).
Vitrines brisées, rideaux de fer arrachés, magasins pillés, parfois incendiés, de Paris à Marseille et Lyon en passant par Saint-Etienne ou Nice... Cela pourrait être «le coup de trop» pour des entreprises déjà à la peine, craint le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France).
«La République doit protéger ses commerçants!», a plaidé dans un message publié sur LinkedIn le président de la fédération de la grande distribution (FCD), Alexandre Bompard. Selon sa première estimation, qui couvre l’ensemble des commerces français, environ 1.500 magasins ont été la cible des violences de samedi, avec une facture qui «se chiffrera en centaines de millions d’euros».
Au-delà d’un renforcement de la sécurité, ces différentes organisations appellent les pouvoirs publics à accompagner les professionnels, en facilitant les démarches d’indemnisation, mais aussi pour dédommager les pertes d’activité à venir.
«Nous exigeons maintenant des actes rapides, concrets et déterminants : protéger les entreprises, indemniser les victimes et leur permettre de rouvrir», a déclaré dans un communiqué Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI).
Selon lui, l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, au cours de laquelle le président a promis la fermeté contre les auteurs des violences, «ne change rien à l’urgence des entreprises pillées». «Une promesse ne répare pas une vitrine et ne paie pas les salariés», a dit M. Sanchez en réclamant des avances sur indemnisation et des aides de trésorerie.
«Comme pour les catastrophes naturelles»
«Nos commerçants ont besoin d’une accélération des procédures d’indemnisation comme dans le cas des catastrophes naturelles», a plaidé M. Bompard. Quand un événement d’intensité exceptionnelle est reconnu comme une catastrophe naturelle, les assureurs sont tenus de verser l’indemnisation complète dans un délai de trois mois après la publication de l’arrêté interministériel.
Le Groupement des hôtelleries & restaurations de France (GHR) a lui aussi appelé le gouvernement «à agir» et le GHR Paris Île-de-France, a demandé aux pouvoirs publics «d’indemniser rapidement les entreprises touchées». Le ministre du Commerce, Serge Papin, doit réunir lundi matin à Bercy «les fédérations de commerçants, d’enseignes, d’artisans et de restaurateurs aux côtés des banques et des assurances».
De son côté, le Conseil du Commerce de France, qui regroupe une trentaine de fédérations, demande une réponse «à la hauteur des attentes» et ce, «dès maintenant». «Nous ne savons plus comment nous faire entendre, ni en amont pour demander la protection de nos commerces, ni après les défilés, pour que l’outil de travail soit réparé», déplore cette organisation.
Outre leurs lourdes conséquences financières, ces événements «menacent directement l’économie touristique» et menacent le «rayonnement international» de la France, première destination touristique mondiale, a déploré le monde du tourisme dans un communiqué publié dimanche.
«Nous demandons à l’exécutif d’agir immédiatement» pour protéger les établissements, commerces et sites touristiques, «accompagner les entreprises touchées, accélérer leur indemnisation et préserver la confiance des clientèles françaises et internationales», réclament ADN Tourisme (regroupement des offices et comités locaux, départementaux et régionaux de tourisme), l’Association nationale des élus des territoires touristiques (ANETT), la Confédération des acteurs du tourisme (CAT) et INNTO France (groupement des instituts nationaux d’études de tourisme).
Le Premier ministre Sébastien Lecornu va présider lundi à 10H00 une cellule interministérielle de crise et le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou compte proposer «des solutions rapides et concrètes» à cette occasion.




